Foot, tennis, équitation…et pas un sujet sur ce sublime art qu’est l’escrime ? Voilà un crime qu’il me faut réparer au plus vite.
Je ne me lancerai pas dans un historique fastidieux de la discipline, tout le monde s’en fout et ça n’aide pas à mieux connaitre le sport. Disons juste que l’escrime a évolué vers ce que l’on connait aujourd’hui quand les armes à feu ont relégué les valeureux chevaliers à l’arrière du front. Petit à petit démuni de toute valeur militaire, le maniement de l’épée s’est cantonné dans les salles d’armes, pour finalement prendre une forme de plus en plus policée avec l’institution de diverses conventions.
Voilà pour l’art, quid du sport maintenant ? et bien, en ce qui concerne la France, la Fédération Française d’escrime a été créée en 1882, et les premières compétitions se sont tenues très vite, regroupant presque exclusivement des tireurs français et italiens.
En 1896, lors des premiers Jeux Olympiques, l’escrime est l’un des sports pratiqués. Elle ne les quittera jamais. Au contraire : la discipline va se diversifier, et chaque branche trouvera sa consécration olympique. En ce début de XXIème siècle, l’escrime est devenu un sport universellement pratiqué.
Le cadre étant posé, entrons un peu plus dans le vif du sujet. Là aussi, je ne ferai pas dans le détail, là n’est pas le but. En bref juste donc, l’escrime se décompose en trois armes distinctes. Mais avant de les étudier chacun séparément, penchons-nous un peu sur les règles générales applicables aux trois armes.
Un pratiquant de l’escrime est dénommé tireur. Après avoir salué selon les gestes de la tradition son adversaire et l’arbitre dans une position proche du garde-à-vous, il attend les commandements de l’arbitre. Au son de « en garde », il place son pied avant dans l’alignement de la piste et son pied arrière perpendiculaire et espacé d’une largeur d’épaule pour plus d’équilibre. L’arbitre enchaine avec un « prêt ? » après lequel l’immobilité est exigée de la part des combattants. Enfin, l’arbitre sonne le début des hostilités avec un « allez ! ».
Pour arrêter le combat, il utilisera le terme « Halte ! » puis énoncera la « phrase d’arme », c’est à dire la succession d’actions des deux tireurs ayant amené à la touche. Cette analyse lui permettra ensuite d’accorder ou non le point à l’un des deux adversaires.
Nous noterons ici, fierté nationale, que le Français est la langue officielle de la discipline. Ainsi, dans toutes les compétitions du monde, les arbitres prononcent leur phrase d’arme en français.
Bon, place aux armes maintenant.

Le première de la liste est
le fleuret. C’est une arme d’estoc, c’est à dire que les coups se portent avec la pointe uniquement. Il est également dit conventionné, car pour marquer des points avec lui il est impératif de respecter une convention. Premièrement, on ne peut toucher valablement (et donc inscrire un point) que sur une surface déterminée :

Toute touche portée en dehors de cette zone est considérée non-valable. Deuxièmement, le fleurettiste doit respecter des règles de priorité.
Ainsi, le premier des deux combattants à attaquer l’autre prend la priorité. Pour la lui reprendre, son adversaire doit parer l’attaque, puis riposter aussitôt. S’il se contente de contre-attaquer et que les deux lames touchent, il perd le point.
La pratique du fleuret exige donc non seulement rapidité et précision, mais également un sens du jeu très fin. On peut la comparer à un jeu d’échecs avec des règles complexes devant être maniées dans l’instant. Sans rentrer dans les subtilités des conventions, je donne un exemple : la priorité ne peut être conservée que durant un « temps ». Il s’agit d’une unité subjective, correspondant au temps nécessaire à exécuter une attaque simple (allongement de bras suivi d’une fente). Il est donc possible aux fleurettistes de tenter de jouer avec ça en maniant les « contre-temps », les « reprises de temps » et autres « attaque sur la préparation d’attaque ».
Vous l’aurez compris, le fleuret est une arme d’initié. C’est traditionnellement par lui que le jeune escrimeur débute son apprentissage, histoire de bien intégrer les fondamentaux de la discipline. Mais sa vraie maitrise ne s’apprécie qu’au travers d’yeux avertis.
A l’inverse complet de cette philosophie, nous avons
l’épée (deuxième arme sur l’image). Egalement arme d’estoc, c’est l’arme du duel par excellence. Sa pratique n’est réglementée par aucune convention : on peut toucher tout le corps de l’adversaire et il n’y a aucune règle de priorité. Le premier qui touche a raison, osef de la manière.
Beaucoup plus libre donc que le fleuret, l’épée n’en est pas moins plus facile à maitriser. Elle exige des reflexes foudroyants et surtout : un très bonne maitrise de son corps. Il faut avoir les yeux partout, être prêt à toutes les attaques possibles et imaginables. Arme de convivialité, du duel entre amis, elle présente l’avantage de ne pas nécessiter la présence d’un arbitre.
Et enfin, pour terminer, nous avons
le sabre en guise de troisième arme. Il s’agit d’une arme dite d’estoc et de taille car, à la différence des deux autres, il est possible de porter des coups avec le tranchant de la lame. Sa pratique diffère donc fondamentalement de l’épée et du fleuret, tant et si bien que la transition vers cette arme est extrêmement difficile. Les positions du corps et les prises de garde sont toutes différentes. Rien que pour la prise en main de l’arme, c’est un autre univers : pronation pour le sabre, supination pour les deux autres armes.
Le sabre est également une arme conventionnelle. Il se rapproche ici du fleuret sur les deux aspects que sont le respect d’une surface de validité pour les touches et le respect d’une convention de priorité.

En ce qui concerne les règles de priorité, elles sont globalement les mêmes que pour le fleuret, à quelques variantes près (admission de la flèche avant et arrière pour le sabre par exemple).
BON, je pense avoir fait le tour. Ma présentation est brève, voire même tronqué sur de nombreux points. Mais je m’en remets à vous pour la compléter, et surtout pour échanger nos impressions et expériences sur ce noble art.
Pour ma part (puisque il faut bien que je parle de moi un peu), j’ai pratiqué pendant 10 ans. 7 ans de compétitions départementales puis régionales au fleuret m’ont rapporté un titre individuel, deux par équipes et quelques autres médailles. J’ai ensuite bifurqué complètement vers l’épée dans un esprit de loisir pendant encore trois années. J’ai aussi touché un sabre, mais jamais de manière intensive. Je me suis finalement arrêté il y a deux ans de ça maintenant, à cause d’un déficit de tireurs de mon niveau dans le club.
En effet, à mon âge, les tireurs se rangent dans deux catégories. Ceux qui veulent devenir pro d’un coté, eux s’entrainent comme des fous des heures et des heures par jour. Aucune chance que j’existe en face de ces gens là. Et puis il y a ceux qui pratiquent l’escrime par pur loisir, plus ou moins sérieusement. Avec quand même 10 années d’expérience dans les jambes, je n’éprouve plus grand plaisir à les massacrer. Donc voilà, coincé entre deux mondes, j’ai fini par raccrocher le masque et l’épée.
A vous la parole maintenant. Escrimeur de renommé ? Amateur du dimanche ou passionné ? Curieux ? Faites-nous part de vos impressions !
_________________
"Quand le Sage cherche la Vérité, l'imbécile l'a déjà trouvée."
Parce que la pub est malheureusement légale :
Un peu de mes pensées...