| | | Ce qui me passe par la tête ... [Rêves_Chapitres 14 à 16] | |
| |
| Auteur | Message |
|---|
M.L'abeille Mouchard


Nombre de messages: 112 Age: 19 Localisation: Une ruche en Alsace Date d'inscription: 04/06/2009
 | Sujet: Re: Ce qui me passe par la tête ... [Rêves_Chapitres 14 à 16] Sam 26 Sep 2009 - 13:03 | |
| Suite du chapitre 11 ... | Spoiler: | | | Nous arrivâmes dans une petite clairière où Kolio décida de faire une petite pause. Elle venait à point nommée puisque nous avions marché depuis près de trois heures et je commençais à être fatiguée.
-Tu te débrouille vraiment bien, me confia-t-il. Je me sens vraiment en sécurité à tes côtés. -Ne me mens pas Kolio, tu es capable de te battre sans moi voyons. Tu aurais quand même pu me prévenir que tu étais capable de faire des choses aussi spectaculaires. -Parce que tu as trouvé ça impressionnant ? plaisanta-t-il. J’en ai encore en réserve. -C’est bon, je commence à le comprendre, répondis-je amère. -Mais avant, tu m’as sauvé la vie face aux frelions. Si tu n’avais pas arrêté ceux qui m’attaquaient par les airs, je ne te parlerais probablement pas à cet instant. -Tu dis ça pour me faire plaisir… -Bien sur que non, me coupa-t-il. Je suis sincère.
J’étais un peu gênée face à cette révélation, mais je n’en étais pas moins heureuse. -On dirait que nous avons un invité, s’exclama Kolio en se levant. Je me redressai à mon tour en regardant dans la direction de Kolio. -Reste derrière moi Mina, me dit-il d’un air plutôt stressé.
Je commençai à être plutôt angoissée à mon tour lorsque je sentis la terre trembler. Quelque chose d’énorme approchait. Un autre tremblement, puis encore un. Ceux-ci étaient de plus en plus rapprochés. -Qu’est-ce que c’est … que ça ? demandai-je d’une voix tremblante. -Un Rornos. Un monstre qui n’a rien d’un enfant de chœur.
Une silhouette commençait à se dessiner. Je n’en croyais pas mes yeux. Celle-ci faisait au moins cinq mètres de haut. Elle se rapprochait encore. Elle faisait plutôt dix mètres. La terre tremblait de plus en plus fort, si bien que j’eux du mal à tenir sur mes jambes. Kolio me rattrapa pendant ma chute.
-Je ne voulais vraiment pas tomber là dessus. Il nous faudrait au moins deux autres gardes pour en venir à bout. -Tu plaisantes j’espère ? hurlai-je. -Malheureusement non, s’excusa-t-il. Il va falloir que tu m’épaule sur ce coup là. Je veux que tu donnes tout ce dont tu es capable. -Compte sur moi.
Le Rornos était face à nous. Celui-ci était vraiment monstrueux. Son corps entier était en pierre et l’on voyait à certains endroits d’immenses plaques vertes. Il s’agissait probablement de mousses qui s’étaient accumulées au fil du temps. De longues branches de lierre couvraient également son corps. Il devait être dans la nature depuis des siècles. Celui-ci émit un hurlement qui fit trembler les arbres des environs.
-Tu veux vraiment qu’on vienne à bout de ça ? insistai-je. -Malheureusement nous n’avons pas le choix. C’est parti. Kolio se rua sur l’imposant monstre de pierre en scindant sa lame. Il entoura les jambes du monstre avant de donner un coup sec à la chaine, ce qui provoqua le déséquilibre de la créature qui hurla une nouvelle fois.
-Vas-y Mina, tu dois toucher la tête du monstre, c’est son point faible. Le golem tourna la tête en direction de Kolio et lui donna un coup qui le fit valser dans les airs. -KOLIO !!! hurlai-je. -Vas-y Mina, je vais bien ne t’inquiètes pas, il m’en faut plus pour me mettre KO, gémit-il.
Je pris une grande inspiration et me précipita vers le monstre qui commençait à se relever. Par chance, il regardait dans la direction de mon ami ce qui me permit d’avancer sans qu’il remarque ma présence. Je sautai sur le Rornos et atterris sur la tête du monstre. Celui-ci s’énerva et essaya de m’attraper avec ses mains imposantes. J’esquivai ses attaques et frappai désespérément sur la tête du monstre.
-Tu dois le décapiter, cria Kolio. -Très drôle, lui répondis alors que le monstre bougeait de plus en plus. Je tiens à peine sur mes jambes. -Utilise donc la même technique que contre Maco.
Il avait eu une brillante idée. De toute façon, il fallait que je tente quelque chose si je ne voulais pas y rester. Je bondis alors dans les airs et fragmentai mon arme. Je l’agitai de droite à gauche en pivotant sur moi-même. Ma lame tournait de plus en plus vite. Le paysage défilait devant moi sans avoir le temps de l’analyser. J’aperçus le Rornos à courts intervalles. Une seconde, puis moins, avant de l’observer presque en continu. Je ne crus pas une seconde en ce que j’étais en train de réaliser. Je m’arrêtai nette et la lame trancha d’un coup sec le golem qui s’effondra sur le sol. Je ne bougeai pas pendant près d’une minute.
-Je n’en crois pas mes yeux, me confia Kolio qui m’avait rejoins. -Moi … Moi non plus, balbutiai-je difficilement. -Je l’appellerai Tornade céleste si j’étais toi, me distrait-il. -Je … n’y crois … pas. -Dire que j’ai mis des années avant de mettre au point ne serait-ce qu’une technique. Je devrais faire attention à moi si je veux garder ma place, plaisanta-t-il. -C’est moi qui ai fait ça ? demandai-je. -Oui, c’est bien toi, et je dois avouer que c’était fantastique. Mais nous devrions partir d’ici, il sera remis sur pied d’ici quelques minutes et mieux vaut être le plus loin possible d’ici. -Il n’est pas mort ? -Les Rornos sont les gardiens de la forêt, ils ne meurent donc jamais. -Parce qu’il y en a d’autres ? -On peut continuer cette discussion sur le chemin ? -Bien sûr, je ne pense pas refaire ça de toute façon.
Après avoir quitter la clairière et marcher une bonne heure, nous arrivâmes devant une grotte. Je me demandais ce qu’elle pouvait bien faire en plein cœur d’une forêt. -Nous avons fait le plus gros, me déclara Kolio. Nous voici devant les tunnels secrets qui relient Karad à Christo.
Il s’agissait probablement des tunnels dont nous avions entendu parler lors du festival. J’eus tout de même un petit choc en les voyants puisque ceux que je connaissais n’étaient pas aussi bien entretenus. En effet, à mon époque, ils étaient à l’abandon et la nature avait repris ses droits dessus. Devant moi, se dressait un tunnel propre avec à l’intérieur de nombreux flambeaux permettant une meilleure exploration de celui-ci.
-Ils permettent de rejoindre sans grande difficulté nos deux cités, mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a aucun danger. Nous sommes encore en milieu hostile et des monstres rodent à l’intérieur alors attention, reprit-il. Mais bon, après ce que tu viens d’accomplir, je ne me fais pas de soucis. -C’était uniquement de la chance, répondis-je. C’est quand même impressionnant tout ce que vous avez conçu. -Une fois de plus, il faut remercier le bureau des avancées technologiques. Ils ont installé des systèmes permettant d’emprunter des passages secrets. Tout ceci a été mis en place en cas d’invasion. -C’est quelque chose qui peut être pratique en effet. -C’est pour cette raison que tu ne dois pas me quitter des yeux et ne toucher à rien. S’il venait à ce que nous soyons séparés il nous faudrait probablement des heures avant de nous retrouver. C’est sur ces précautions que nous entrâmes dans le long tunnel qui s’ouvrait à nous. |
Et vu que ça fait quelques semaines que je n'ai rien posté, je vous propose d'attaquer en même temps le chapitre 12 : Bijou
| Spoiler: | | | Il faisait sombre, mais Kolio alluma les torches au fil de notre progression. Les couloirs étaient étroits et sinueux. Kolio ouvra à plusieurs reprises des couloirs cachés. Aucun adversaire ne pouvait trouver ces passages secrets, car ils étaient extrêmement bien dissimulés.
-Vos scientifiques ont fait un travail monstrueux ma parole. -Il est vrai que nous sommes assez satisfaits du résultat. Cela est très utile en temps de guerre. Nous sommes bientôt arrivés, encore quelques passages et nous arriverons à Christo. -Ouf, je commence vraiment à en avoir assez de marcher depuis ce matin. Kolio poussa un grand rire qui réveilla des chauves souris qui se précipitaient sur nous. -Ne t’inquiète pas, elles ne représentent pas un grand danger, elles sont juste très adroites mais tu as très peu de chance d’être blessée. -Effectivement ça rassure, répondis-je avec une pointe d’ironie.
Je reculai un peu pour éviter de toucher Kolio avec mon arme. Je commençai peut-être à garder l’équilibre, mais je n’étais pas très précise. Les chauves souris avaient de longues canines et des yeux jaunes qui brillaient dans la nuit. Elles poussaient des hurlements, que l’on entendait à peine, pour se diriger à travers les galeries tortueuses. Je remarquai des traces de sang sur leurs dents ce qui me fit émettre un léger hoquet.
-Je croyais que ce n’était qu’une légende les vampires ? -C’en est une effectivement, ils ne se nourrissent que du sang d’autres animaux. -Je te rappelle que l’Homme est un animal, m’écriai-je. -Je t’assure que je n’ai jamais vu un homme attaqué par ces chauves-souris, tenta-t-il de me réconforter.
Sur ces dernières paroles, il commença à attaquer les créatures qui se ruaient sur nous. Il n’y en avait que trois, mais comme Kolio me l’avait expliquée, celles-ci étaient très gracieuses dans les airs et esquivaient sans problème les coups de Kolio. Je tentai de joindre mes forces aux siennes, mais rien n’y faisait, elles étaient bien trop rapides.
-Essayons de les coincer avec nos armes, me conseilla Kolio. Avec trois lames dans leurs directions, elles ne pourront pas toutes les esquiver. Kolio attrapa donc son arme par la chaine et fit balayer ses lames dans les airs. -Frappe la de plein fouet, elle ne pourra rien faire. Je suivis son conseil et scindai ma lame en direction de la chauve-souris qui était concentrée sur Kolio. Celle-ci encaissa mon coup et s’effondra au sol. -Bien joué Mina, plus que deux.
Nous recommençâmes la même opération sur une deuxième qui s’écroula à son tour. Je reculai encore un peu lorsque je me retrouvai dos à un mur. Tout à coup, celui-ci pivota. -Kolio, l’appelai-je. -Mina, non, s’exclama-t-il. Il était trop tard, je me retrouvai dans un autre couloir, séparé de Kolio. -Mina, hurla-t-il de l’autre côté de la cloison. Ne t’inquiètes pas, je vais venir te récupérer. Essaye de ne pas trop bouger je t’en supplie. Je ne veux pas que tu te perdes, d’accord ? -C’est bon, c’est bon, je ne bougerais pas. -Très bien j’arrive.
Je l’entendis frapper de plein fouet la dernière chauve-souris qui émit un gémissement avant de frapper le sol. J’étais perdue au beau milieu d’un tunnel sans avoir la moindre idée d’où je pouvais me trouver. J’avançai à travers le couloir en prenant grand soin de ne pas toucher les murs, de peur de m’enfoncer un peu plus dans ce dédale. Il faisait sombre et je ne pouvais pas allumer les torches. Je frissonnai de peur que Kolio ne puisse me retrouver.
-Reste calme Mina, tentai-je de me rassurer à haute voix. Kolio va te trouver, tu n’as pas de soucis à te faire. Tout à coup, je sentis quelque chose de gluant à mes pieds. Je baissai la tête pour examiner de quoi il s’agissait. Je déglutis lorsque je remarquai qu’il s’agissait d’une main de boue. Elle me grimpa dessus, dégoulinante. Je tremblai comme une feuille. Tous les monstres que j’avais vus jusqu’à présent avaient quelque chose d’animal, mais pas cette fois-ci. Je la repoussai avec mes mains et celle-ci explosa par terre. J’émis un souffle de soulagement lorsque celle-ci se reforma toute seule.
-C’était trop simple, me dis-je à moi-même. Je la taillai de toute pièce avec mon épée, mais rien y faisait, elle se reconstruisait à chaque fois. Je n’avais d’autres choix que de m’enfuir. Je courus donc à travers les galeries étroites en jetant un coup d’œil assez furtif derrière moi. Cette chose me suivait toujours. J’avançai jusqu’à tomber sur une salle assez étrange. J’entrai à l’intérieur et une porte de pierre s’abattit m’enfermant ici. La salle était vraiment spacieuse et qui plus est, elle était éclairée. Je me demandais comment était-il possible qu’une telle salle puisse exister dans un tunnel. Je compris bien vite lorsque je vis un piédestal au centre de celle-ci. Cette salle permettait vraisemblablement à protéger ce qui se trouvait sur cet autel.
Je m’en approchai et remarquai de nombreuses inscriptions sur celui-ci. Je n’avais jamais vu auparavant de tels hiéroglyphes. Mais mes yeux se détournèrent bien vite de l’autel pour contempler ce qui était posé dessus. Il s’agissait d’un brassard en or. De nombreuses pierres précieuses embellissaient le bijou. Il était composé de deux parties identiques. Deux bracelets en or qui se joignaient par une sorte de fil et en son centre un symbole en forme de Z. J’étais subjuguée par ce brassard, comme si une voix dans ma tête me demandait de le porter. J’approchai ma main et sentis une chaleur, dégagée du bijou, m’envahir. J’étais hypnotisée par ce brassard et continuai de rapprocher ma main. Le brassard brillait de mille feux lorsque celui-ci vint se fixer à mon bras ce qui me ramena en un instant à la réalité. J’essayai de me défaire de l’objet mais sans succès tandis que j’entendis Kolio frapper à la porte.
-Mina tu es là dedans ? cria-t-il. -Oui je suis là, répondis-je en essayant d’enlever le brassard. -Ouvre-moi s’il te plaît. Je m’exécutai et Kolio me rejoignis essoufflé. -Tu as un don pour te mettre dans de drôles de situations ma parole. -Tu dis ça à cause de la main je suppose ? -Evidemment, elles ne sont pas très dangereuses, mais nous ne connaissons aucun moyen de les éliminer. -J’ai déjà pu le constater, soulignai-je. Kolio, tu peux me dire où nous sommes exactement ? -Je n’en ai pas la moindre idée, je n’ai jamais vu cette salle avant aujourd’hui. Je n’en avais même pas connaissance à vrai dire. Je suis vraiment étonné de te voir ici justement. -Don tu ne sais pas ce que c’est que cet autel je présume ? -Non désolé, mais pourquoi tu t’intéresse à cette vieillerie ? Je lui tendis mon bras. -Qu’est ce que c’est que ça ? me demanda-t-il. -Justement, je n’en ai pas la moindre idée, j’ai approché ma main de l’autel et le brassard s’est serré autour de mon bras. -Vraiment étrange, mais nous devrions voir ça une fois arrivés à Christo, il va bientôt faire nuit, ça fait presque deux heures que je te cherche. -Deux heures ? répétai-je ahurie. Kolio ouvrit la porte et la main se tenait là. Elle nous attendait accompagnée de quatre de ses semblables. -Qu’est ce qu’on fait maintenant ? -Cours Mina, et ne me perds pas de vue surtout. |
_________________  "La seule arme des enfants contre le monde, c'est l'imaginaire." Rêves, mon roman
Dernière édition par M.L'abeille le Sam 26 Sep 2009 - 13:08, édité 1 fois |
|  | | M.L'abeille Mouchard


Nombre de messages: 112 Age: 19 Localisation: Une ruche en Alsace Date d'inscription: 04/06/2009
 | Sujet: Re: Ce qui me passe par la tête ... [Rêves_Chapitres 14 à 16] Sam 26 Sep 2009 - 13:08 | |
| Suite du chapitre 12 ... | Spoiler: | | | Nous prîmes nos jambes à nos cous et nous dépêchâmes de sortir de ces galeries. Je me retournai pour voir si les mains nous suivaient toujours, ce qui malheureusement était le cas. Il y en avait même d’autres qui s’étaient rajoutées au cortège qui nous poursuivait déjà. J’en comptai facilement une dizaine.
-Kolio, je crois que nous avons un petit problème. -Qu’est ce que tu rac … Kolio stoppa sa phrase en se retournant. Les mains s’étaient assemblées entre elles pour former un golem de boue. Il avait taille humaine et transsudait de toute part. Sa gueule était tordue et des traits de boue coulaient à travers sa bouche. Le spectacle était dégoutant à voir et Kolio me prit sur ses épaules.
-Nous ne pourrons pas faire face à ça, me confia-t-il. Accroche-toi bien surtout. Kolio accélérait le pas et avançait à toute vitesse à travers les chemins qui se ressemblaient tous. Je jetai un coup d’œil derrière moi pour m’apercevoir que la créature nous suivait toujours en tambourinant les murs de ses poings, laissant ainsi de longues marques brunâtres. Il émit un hurlement et jeta un projectile dans notre direction.
-Attention ! hurlai-je. Tout à coup, je sentis une aura émaner de l’intérieur et se diriger vers mon bras. Le brassard se remit à briller de tout son éclat. Une gerbe d’énergie se propagea dans tout le bras et un éclat de lumière jaillit de ma main. Je vis un bloc de glace contré le projectile lancé par le monstre. -Que … qu’est ce … bafouillai-je. -Qu’est ce qui s’est passé ? s’inquiéta Kolio. -Je n’en ai pas la moindre idée, mais continue, il est encore derrière nous.
Je sentis une nouvelle fois l’aura envahir mon corps et le brassard se ranimer. Cette fois-ci l’énergie qui se répandit était plus forte. Mon bras brûlait de l’intérieur et la douleur était insupportable. J’hurlai pour soulager ma souffrance, mais rien n’y faisait. Le mal qui me rongeait était inimaginable. Le brassard brillait de plus en plus et un nouvel éclat lumineux surgis de ma main estompant ainsi la douleur. Je n’en croyais pas mes yeux. Un immense mur de glace nous séparait du monstre.
-Kolio, tu peux t’arrêter je crois. -Ne raconte donc rien de stupide, me corrigea-t-il. -Je t’assure, nous ne risquons plus rien. Ne voulant pas s’arrêter, je sautai de ses épaules. -Mina, qu’est ce qui … Il me rejoignit et contempla béat le mur de glace. -Qu’est ce que c’est que ça ? -Si je le savais, je te répondrais bien. -Tu as tout vu non ? -Je crois que c’est moi qui ai fait ça. -Qu’est ce que tu dis voyons ? Comment aurais-tu crée un truc pareil ? C’est impossible. -Moi non plus je ne comprends pas vraiment ce qui s’est passé. -Mieux vaut filer alors, on ne sait pas si ce mur va rester debout longtemps.
Nous reprîmes la route à travers les couloirs étroits du tunnel. Je vérifiai toujours derrière moi si le golem ne réapparaissait pas soudainement tandis que Kolio essayait de retrouver le chemin principal. Nous enchainâmes les passages secrets les uns à la suite des autres. Je n’arrivai absolument plus à savoir d’où nous étions venus lorsque je remarquai les corps des trois chauves-souris, je compris vite que nous étions revenu à notre point de départ.
-Tu as une boussole dans la tête ? plaisantai-je. -A force de venir ici on prend vite l’habitude de se diriger sans trop de problèmes ici, me répercuta-t-il. A peine avions nous fait une centaine de mètres que le golem de boue se tenait devant nous. Il était plus grand que tout à l’heure semblait très énervé. Mon petit numéro ne lui avait pas vraiment plu. Il se jeta sur nous et Kolio essaya de l’arrêter, mais sa lame traversa le monstre sans le blesser.
-Il commence à m’énerver lui, Mina recule toi. -D’accord. -Tonnerre de Muros. Il se produisit la même chose que dans la forêt. Kolio agita ses lames si vite que des étincelles sourdaient de toute part. Dans l’obscurité, cette technique était encore plus belle. -Prend ça.
Kolio frappa le monstre au visage mais cela n’eut aucun effet, si ce n’est celui de l’énerver davantage. Le golem asséna un coup dans le ventre de Kolio qui valsa sur les parois du couloir. -Kolio !!! m’exclamai-je. -Fuis Mina, tu n’es pas de taille face à lui, gémit-il. -Je ne te laisserais pas !! criai-je.
C’est alors que le brassard se remit à scintiller comme avant. La douleur était présente, mais moins appuyée que précédemment. Je serrai les dents pour éviter d’hurler et frappa le monstre avec mon épée. Je sentis la gerbe d’énergie s’évacuer dans ma lame. Je fendis l’air avec mon épée et trois stalactites de glace s’abattirent sur la créature. Celle-ci hurla de douleur et se rua sur moi. Il allongea son bras. Je me baissai pour bloquer son attaque et lui donna un coup dans les jambes. Il ne se produisit rien, mais je pouvais sentir l’aura encore présente dans l’épée. Je frappai le monstre au niveau de thorax et celui-ci se trouva prisonnier dans la glace. Je l’observai quelques secondes avant de lui asséner un dernier coup d’épée. Le bloc de glace se brisa en mille morceaux. Une longue trainée de boue s’écoula à travers la galerie et passa sous les murs du tunnel. Kolio ouvrit grand les yeux avant de se relever et de prendre une des potions que nous avions préparées.
-C’est vraiment dégueulasse, mais drôlement efficace, plaisanta-t-il. -Comment peux-tu être aussi détendu en voyant ça ? -Je ne peux pas expliquer ce qui vient de se passer, mais l’essentiel est que nous allions bien non ? -Tu as sans doute raison, mais qu’est ce qui m’arrive ? -Je n’en ai pas la moindre idée, mais ne trainons pas. Je n’ai pas envie de le rencontrer une troisième fois lui. Soudain, Kolio me frappa gentiment au visage. -Mais qu’est ce qui te prend ? m’indignai-je. -Ca c’est pour ne pas m’avoir obéis. Je t’ai déjà dit je ne sais combien de fois que … -Ce n’est pas un jeu, terminai-je. Je sais, mais je ne pouvais pas te laisser comme ça. -Tu aurais dû Mina, tu as eu de la chance et ça ne se reproduira peut-être plus. Maintenant filons.
Nous ressortîmes enfin du tunnel après une bonne heure de marche. Cette fois-ci, il ne nous était rien arrivé fort heureusement et mon brassard n’émit aucune énergie. Peut-être n’agissait-il qu’en cas d’extrême danger. Je devais savoir de quoi il s’agissait et comment l’enlever. Ca m’avait peut-être sauvé la vie à trois reprises, ce n’en était pas moins quelque chose de dangereux et de douloureux.
Nous gagnâmes une prairie verdoyante. De nombreux gardes rôdaient, probablement pour éviter que des monstres n’atteignent la ville. Ils étaient différents des gardes de Karad et abordaient des couleurs moins sombres. Leurs armures étaient dorées et leurs casques avaient tous des formes identiques. De plus, il nous était possible de voir leur visage au travers. Ca me faisait drôle de voir de nouveaux visages. On sentait une atmosphère très reposante en cet endroit qui changeait des tunnels que nous venions de quitter. Une immense falaise ornait ce paysage et il nous était possible d’apercevoir un temple au loin.
-C’est la maison de Gast que tu vois là-bas, me confia-t-il voyant que je regardais dans cette direction. -Gast ? Encore quelque chose que j’apprends depuis que je te connais. -Gast est la déesse protectrice de Christo, comme Mados est le Dieu protecteur de Karad. -Je croyais qu’il n’influait que sur les Falcis. -A notre époque oui, puisque nous ne croyons plus en la religion comme certaines cités. -Comme Christo ? -Non, Christo est comme nous, la religion commence peu à peu à s’effacer et seuls quelques adeptes écoutent encore les paroles de Gast. Assez bavardé, le soleil est en train de se coucher et nous sommes encore loin de Christo. -Il faut encore marcher ? Je suis épuisé, gémis-je. -Mais ne t’inquiètes pas. Tu ne risques rien ici. Cette zone est très bien protégée par les gardes de la ville et aucun monstre ne peut entrer en ville. Après tout tu as dû supporter beaucoup d’évènements pour la journée. Mieux vaut ne pas en ajouter un de plus sur la liste, rigola-t-il. -Tu as sans doute raison, répondis-je un peu gênée.
Cette journée était vraiment éprouvante entre les frelions, le Rornos, le brassard et ses pouvoirs. Je touchai le brassard pour m’assurer qu’il ne brûlait plus. -Ne t’inquiète pas pour ça, dès que nous aurons retrouvé Emal, je t’emmènerais au BAT pour trouver une solution. -Merci Kolio.
Au fond de moi, je voulais cependant garder ce brassard. J’étais persuadée que si j’étais tombée dessus, ce n’était pas par hasard. Cependant, il était trop dangereux pour moi. La puissance qu’il dégageait allait peut-être me tuer un jour. Il nous fallut une bonne demi-heure de marche avant d’arriver devant les portes de la ville. Je croisai de nombreux habitants dans cette petite clairière en train de prier ou de se recueillir sur des tombes. Bien que la religion ait de moins en moins d’impact sur la vie des citadins, il restait tout de même de nombreuses personnes qui y consacraient leur temps.
-Kolio, pourquoi tout le monde vient prier ici ? Les personnes décédées ne sont pas enterrées dans les murs de la ville ? -Le roi Kervin I a décidé de rayer la religion de l’intérieur de sa cité. Il ne l’a pas pour autant balayée totalement, c’est pourquoi la sécurité ici est bien plus importante qu’ailleurs. C’est pour que les croyants puissent méditer en toute quiétude. -Je comprends un peu, mais pourquoi la religion est-elle en pleine déchéance ? -La technologie. Nos scientifiques ont ouvert la voie et les autres cités suivent notre exemple. -Je trouve cela regrettable tout de même. C’est sur des convictions religieuses que le monde s’est mis en place. -Mais la technologie réfute les principes religieux, c’est comme ça et on ne peut pas faire changer les mentalités aussi facilement. Tu vois bien avec ton épée, si la technologie n’avait pas atteint de telles proportions, jamais tu ne pourrais avoir une arme aussi perfectionnée. -Tu as sans doute raison après tout. Deux gardes étaient postés devant les portes et nous laissèrent passer après que Kolio leur ait expliqué la situation. Nous entrâmes donc dans Christo en laissant derrière les deux portes qui se refermèrent en grinçant. |
J'espère que vous apprécierez ces deux chapitres (le 12è étant un chapitre assez important pour la suite j'espère ne pas m'être raté dessus ...) N'hésitez pas à me faire partagez vos impressions ..._________________  "La seule arme des enfants contre le monde, c'est l'imaginaire." Rêves, mon roman |
|  | | Sanguinator shinigami


Nombre de messages: 449 Age: 16 Localisation: Canada, Quèbec Date d'inscription: 06/08/2009
 | |  | | M.L'abeille Mouchard


Nombre de messages: 112 Age: 19 Localisation: Une ruche en Alsace Date d'inscription: 04/06/2009
 | Sujet: Re: Ce qui me passe par la tête ... [Rêves_Chapitres 14 à 16] Sam 31 Oct 2009 - 14:51 | |
| Qui aurait cru que la fac allait me prendre presque tout mon temps libre pour poster ... Bref voici, un mois plus tard, le chapitre 13 : dépaysement ... On en apprend un peu plus sur le passé de Kolio ... J'espère que celui-ci attirera plus de critiques que les deux précédents ... Bonne lecture  | Spoiler: | | | A première vue, Christo était loin de ressembler à Karad, mais en y regardant de plus près, je pouvais discerner aisément deux parties de la ville. A l’est, les maisons se ressemblaient, collées les unes aux autres. Les rues étaient étroites, délabrées et très mal éclairées. Il s’agissait du cœur de la ville. A l’ouest par contre, on sentait une fraicheur dans les constructions, des immeubles avaient fait leur apparition, les rues étaient plus spacieuses et lumineuses. Les maisons qui étaient construites étaient bien plus espacées. Il devait probablement s’agir de la nouvelle ville, celle qui était en plein essor. On voyait une forte volonté de progrès, d’évolution. Cependant, on était loin des rues de Karad, de ses routes suspendues, de ses immeubles qui touchaient les cieux et de ses quartiers des affaires.
-Je suis sûr que tu t’attendais à quelque chose de plus spectaculaire, me dit Kolio. -Effectivement, Karad est bien plus spectaculaire que Christo. -C’est parce que nous avons les meilleurs scientifiques dans notre ville, mais nous partageons tout de même nos recherches avec les villages environnants, cependant ils n’ont pas notre main-d’œuvre pour réaliser des constructions comme nos routes aériennes. -C’est bien dommage parce que c’est quelque chose de pratique. -En effet, il va falloir reprendre de vieilles habitudes ici, rigola Kolio. -Il va encore falloir marcher ? me plaignis-je. -J’en ai bien peur.
Nous nous dirigeâmes vers l’ouest avec Kolio. Il m’expliqua qu’un ami allait nous héberger pour la nuit, voir plus si nous en avions besoin. Après tout, même si Christo n’avait pas l’envergure de Karad, nous allions peut-être avoir besoin de plusieurs jours pour obtenir ne serait-ce qu’un petit indice sur l’existence d’Emal. Après tout il avait très bien pu partir encore plus vers l’est, voir même à l’ouest. Mais même si nous avions peu de chance de le trouver ici, il fallait quand même que nous la tentions.
Nous passâmes devant la caserne de la ville. C’était le bâtiment le plus grand que j’avais pu voir jusqu’à présent. Certes, il ne devait faire le quart de celle de Karad, mais elle était tout de même imposante.
-Je suppose que ton ami est un garde de la ville, suggérai-je. -On ne peut rien te cacher. Nous avons toujours de très bons contacts entre nous même si nous n’avons pas les mêmes règles. -J’ai déjà pu constater que vos armures étaient différentes et que je pouvais voir à travers leurs casques. -Ici, à Christo, ce n’est pas un homme de guerre qui dirige l’Armée, mais le roi lui-même, c’est pourquoi nous avons des idées divergentes. -Et il habite encore loin ton ami ? plaisantai-je. Je suis vraiment exténuée. -Ne t’inquiètes pas, nous y sommes presque.
Après encore quelques minutes de marches nous arrivâmes devant une petite maison tout à fait ordinaire. Les murs étaient gris et il y avait un petit jardin. Un portail en fer entourait la maison pour éviter les intrusions indésirables. Kolio sonna et un homme de taille moyenne vint nous ouvrir. Il avait une barbe de quelques jours, des cheveux mal coiffés et de vieux vêtements rapiécés.
-Il ne porte pas son armure ? -Souviens-toi de ce que je t’ai dit à l’instant… -Kolio mon ami, cela me fait si plaisir de te revoir, s’exclama l’homme. -Moi aussi Jurno. On ne s’est pas vus depuis quand exactement ? -Une bonne année. Tu es tellement pris par tes obligations. -Ce n’est pas de ma faute si le commandant me trouve toujours du travail à effecuter. -Tu fais tout de même trop de zèle à mon gout. Mais bon, tu n’es pas venu pour que je te fasse la morale. Je suppose qu’il s’agit de ta protégée, dit-il en se tournant vers moi. -Je m’appelle Mina, enchantée de faire votre connaissance. -Il en va de même pour moi, allez-y rentrer vous n’allez tout de même pas crécher dehors. -Pourquoi ne pas te mettre toi aussi à l’aise chez toi, plaisantai-je. -Ca ne fonctionnera pas Mina, sourit-il.
Nous entrâmes donc chez Jurno et Kolio lui demanda de nous montrer les chambres. Il s’exécuta et nous ne tardâmes pas à nous coucher après cette journée qui fut mouvementée.
Le lendemain je me réveillai aux côtés de Kolio. Je ne comprenais vraiment pas pourquoi mes rêves ne respectaient plus les cycles de mes premières nuits. Après tout, cela n’affectait en rien ma vie dans le monde réel.
J’avais passé une agréable nuit et je me sentis reposée. Je descendis donc en essayant de ne pas réveiller Kolio, après tout c’était lui qui avait le plus trinqué la veille. Je m’en voulais terriblement pour lui. Après tout, il n’essayait que de me protéger. Jurno était déjà dans la cuisine et nous attendait de pied ferme.
-Déjà réveillée petite ? s’étonna-t-il. Pourtant tu as enduré pas mal d’épreuves hier a ce que m’a raconté Kolio. -En effet, mais c’est bien lui qui a le plus besoin de récupérer. Après tout je n’ai eu que de la chance. -Il m’a raconté ce qu’il s’était passé, affirma-t-il en regardant en direction de mon brassard. Je n’avais jamais vu ce symbole auparavant. Ces mots ne me rassurèrent pas puisque personne n’avait l’air de connaître l’existence de ces hiéroglyphes. -Mais je suis persuadé qu’avec Kolio vous trouverez des réponses à tes questions, reprit-il. C’est le meilleur, tu peux me croire.
-Comment vous vous êtes connus ? demandai-je. -Ah, ça petite c’est une longue histoire. -J’ai tout mon temps, vous pouvez y aller. -En fait, Kolio et moi nous étions dans la même école militaire, ici à Christo… -Kolio habitait Christo ? l’interrompis-je. -Oui. Nous avons fait nos classes ici. -Mais pourquoi est-il parti pour Karad alors ? -Un jour, lors d’une visite de Dragor dans notre ville, un fou s’est précipité sur le commandant pour tenter de l’assassiner. N’écoutant que son courage, Kolio s’est mis en travers de sa route et l’a arrêté, sous le regard impuissant du capitaine Maco. -Je comprends mieux maintenant pourquoi Maco le déteste. -Effectivement, depuis cet incident, Dragor pour féliciter mon ami de son courage et de sa force lui a demandé de faire parti de son armée. Evidemment, personne ne peut refuser une telle offre, venant de Dragor lui-même… -Et la suite tu la connais, coupa Kolio. A force d’entraînement je suis arrivée là où j’en suis. Dragor a changé ma vie et possède une entière confiance en moi, c’est pourquoi je ne peux pas le décevoir. -Dis plutôt que tu nous as abandonnés, railla Jurno. -Ne recommence pas s’il te plaît, tu sais très bien que je n’oublierai jamais Christo et mon ancienne vie. -Evidement, je te taquinais c’est tout. -Mais je pensais que tu avais été cinq ans à l’armée avant de rejoindre les rangs de Dragor. -Je ne t’ai jamais dit clairement que j’étais dans la caserne de Karad, s’amusa-t-il.
L’histoire de Kolio était vraiment très touchante, je n’avais pas pu imaginer une seconde qu’il soit entré dans les ordres de Karad de cette façon. Je comprenais également pourquoi Maco détestait tant mon ami et je pouvais le comprendre. Je n’aurais jamais pu pardonner à un étranger d’avoir fait mon devoir. Mais venant de la part de Kolio cela ne me surprit pas, lui qui était toujours prêt à me protéger depuis mon arrivée dans ce monde. J’eus un léger coup de cafard en me disant que peut-être une fois Emal retrouvé, tout ceci allait s’arrêter. Je ne voulais pas que cette merveilleuse histoire ne s’achève si vite, j’avais encore tellement à découvrir ici.
-Bien, j’espère que vous trouverez votre mystérieux inconnu dans les plus brefs délais, nous encouragea Jurno. Tu m’as l’air d’une jeune fille bien et je vous hébergerai le temps qu’il faudra. -Merci pour tout mon ami, mais j’espère bien ne pas avoir à profiter de ta générosité trop longtemps. -Ne t’inquiète pas, ce n’est vraiment pas un problème pour moi, nous rassura-t-il. -Pas où commençons-nous ? demandai-je. -Nous allons faire comme à Karad, passer par le quartier commerçant et par la caserne. Et si nous ne trouvons rien, nous ferons du porte à porte, j’en ai bien peur. -Je m’occuperais de la caserne si tu veux, déclara Jurno. Si nous nous séparons, nous trouverons des réponses plus vite je pense. -Excellente idée, merci pour ton aide Jurno.
Après de longues minutes où les deux amis se lancèrent des compliments, nous partîmes avec Kolio vers le quartier commerçant. Celui-ci se trouvait dans l’ancienne ville encore. Il y avait bien moins de boutiques qu’à Karad et leurs devantures ne donnèrent guère envie d’y entrer. D’ailleurs, la rue marchande était déserte, alors qu’à Karad il se dégageait une sensation de vie. Les gens étaient méfiants et ne répondirent pas tous à nos questions, ce qui ne nous aida guère, déjà que la tâche s’annonçait plutôt corsée. Nous étions entrés, par exemple, dans une armurerie où le gérant nous avait fichu à la porte, dans une boutique de textile où un vendeur avait menacé d’appeler les gardes ou encore une libraire qui nous avait claqués la porte au nez. Je ne savais pas ce qui prenait les commerçants mais ils n’étaient guère très accueillants. Même au niveau de la clientèle, personne ne voulait nous parler. On nous insultait, nous riait au nez, nous ignorait. Tout ceci était plus qu’étrange. Qu’avions-nous bien pu faire pour mériter un tel accueil ? Les gens de la ville se comportaient-ils tous ainsi ? Je n’avais qu’une hâte, retrouver Karad et son mode de vie. Pourquoi ne pas accepter l’offre de Dragor après tout et faire partie des gardes de la ville ? -C’est vraiment étrange toute cette histoire, souligna Kolio qui me coupa dans mes pensées. Je n’ai jamais vu les gens de la ville aussi sur les nerfs. -Tu as bien fait de quitter cette ville. Ces habitants sont tous odieux. -Je peux te garantir qu’ils ne sont pas ainsi d’habitude. Il y a quelque chose qui cloche, mais je ne sais pas quoi. -Regardons avec Jurno si de son côté il a appris quelque chose, suggérai-je. -Oui, tu as raison. Allons le retrouver à la caserne. J’espère que de son côté il a appris quelque chose. |
_________________  "La seule arme des enfants contre le monde, c'est l'imaginaire." Rêves, mon roman |
|  | | M.L'abeille Mouchard


Nombre de messages: 112 Age: 19 Localisation: Une ruche en Alsace Date d'inscription: 04/06/2009
 | Sujet: Re: Ce qui me passe par la tête ... [Rêves_Chapitres 14 à 16] Sam 31 Oct 2009 - 14:54 | |
| Suite et fin du chapitre ... | Spoiler: | | | C’est ainsi que nous avions pris la direction de la caserne en demandant aux habitants s’ils connaissaient Emal, mais une fois de plus, personne ne répondit. Ca devenait vraiment étrange. En y regardant de plus près, les visages se refermèrent dès l’élocution du nom d’Emal. Il devait donc être venu ici. Mais pourquoi tout le monde se cambraient ainsi ? Je ne comprenais vraiment pas ce qui pouvait se passer dans cette ville.
Arrivés à la caserne, Kolio demanda à voir son ami et le garde nous laissa entrer avec un franc sourire. Kolio devait être la fierté de cette ville depuis qu’il avait intégré Karad. L’intérieur de la caserne était très sobre. Les murs étaient bruts, pas de décorations, pas de statues à l’exception de celle du roi en pierre. Il y avait cependant énormément de pièce au rez-de-chaussée où j’entendis des coups d’épées s’en dégager. Il s’agissait donc des salles d’entrainement. Un petit bureau circulaire était également installé au cœur du batîment. Séparé en quatre, il permettait l’accueil des visiteurs. Kolio se dirigea vers l’un de ces bureaux où il demanda son ami. Une hôtesse pris un téléphone et demanda si Jurno était encore ici. Elle raccrocha et nous demanda de patienter quelques minutes.
Jurno descendit les escaliers avec tension, son visage fermé. Cela n’envisageait rien de bon.
-Tu as des nouvelles alors ? demanda Kolio à son ami. -Je suis désolé, mais il va falloir que tu quittes la ville. Emal a détruit trois immeubles de la ville et a pris la fuite, nous ne savons pas où malheureusement. -Mais pourquoi tu ne m’en avais pas parlé plus tôt ? -Je ne pensais pas une seconde qu’il s’agissait du même homme et le roi n’est pas très enthousiaste quant au fait que deux personnes cherchent à le retrouver. Même s’il s’agit de toi, s’excusa-t-il. -Mais, nous n’arriverons jamais à Karad avant la tombée de la nuit, tu le sais très bien Jurno. Tu ne peux pas essayer de t’arranger … -Pour perdre mon poste ? le coupa-t-il. Je suis vraiment navré Kolio, mais ce n’est pas possible. Essaye d’oublier cette histoire et retourne chez toi. -Mais je veux savoir ce qu’il m’arrive, m’exclamai-je. -Je suis vraiment confus, mais mieux vaut ne pas rester dans les environs. Si le roi apprend que vous trainer toujours dans les environs, il n’hésitera pas à vous arrêter pour complicité de trahison. -Je comprends Jurno et j’espère que tu ne m’en veux pas de t’avoir mêlé à cette histoire. -Ne t’en fais pas pour ça et prend soin de toi surtout. -Ne te soucie pas de moi surtout et merci pour tout encore. Kolio serra la main de Jurno puis se tourna vers moi. -On y va Mina. -Mais … -J’ai dit qu’on y allait, me coupa-t-il avec fermeté.
Je n’osais pas parler tant que nous étions dans la ville, mais lorsque nous arrivâmes dans la prairie je ne pus m’en empêcher de lui reprocher son renoncement.
-Tu vas abandonner comme ça ? Après tout ce chemin parcouru, tu vas laisser tomber ? m’énervai-je. -Ce n’est pas de ma faute, crois-moi, j’aurais voulu comme toi que cette histoire se fini autrement. -Et que va penser Dragor lorsque tu lui annonceras que tu as échoué dans ta tâche ? -Il comprendra la situation. -Peut-être, mais moi je ne peux pas la comprendre et je ne peux pas abandonner, rentre à Karad si tu veux, mais moi je continuerais à chercher. Si je dois parcourir tout le territoire pour le retrouver, je le ferai et je le retrouverai. -Ne dis pas n’importe quoi, s’emporta-t-il. Tu viens avec moi et ce n’est pas discutable. -Oh que non, j’ai besoin de savoir qui il est et s’il peut m’aider. -Je comprends que tu puisses être énervée, mais calme-toi s’il te plaît Mina. -Tu ne comprends pas ce qu’il se passe dans ma tête, même-moi je ne comprends pas alors n’essaye pas de me réconforter Kolio. Je suis décidé à le retrouver avec ou sans toi.
Kolio ne dit plus un mot. J’y étais allée un peu fort, mais je devais avoir son soutient. Toute seule je n’avais aucune chance de retrouver Emal et je devais savoir pourquoi nous avions ces étranges rêves. Il devait probablement exister un point commun entre nous deux, mais lequel ?
-Très bien, je te suis, mais promets moi que si nous ne trouvons rien avant la fin du mois nous abandonnerons. -C’est d’accord, répondis-je en affichant un grand sourire. J’avais obtenu son soutien et j’étais ravie de voir que je pouvais compter sur lui pour m’aider. -Désolée de m’être emportée ainsi, m’excusai-je. J’étais un peu trop dure. -Ne t’inquiète pas pour ça. Tu devrais plutôt te préoccuper de la nuit que nous allons passer. Nous ne pouvons pas rentrer à Karad et à Christo n’y pensons même pas. -Pourquoi ne pas aller là-bas ? demandai-je en désignant le temple de Gast. -Excellente idée, les religieux vivant là-bas ne sons pas sous l’autorité de Kervin et nous ne risquons pas d’être arrêtés.
C’est ainsi que nous démarrâmes notre périple vers le temple. Il fallait grimper à plus de deux mille mètres d’altitude en passant par des sentiers très sinueux et pentus. Cela me rappela notre petite expédition dans le monde réel. Il me tarda tout de même de me réveiller pour vivre une nouvelle journée en compagnie de mes amis, mais pour le moment j’étais concentrée sur notre parcours.
Le soleil tapait fort et représentait un ennemi redoutable, malgré le fait qu’il n’y ait aucun monstre dans cette région. Kolio me prévint tout de même qu’une fois en haut, nous pouvions en rencontrer, ce qui ne m’enchanta guère. Nous nous arrêtâmes plusieurs fois pour nous désaltérer et nous atteignîmes le temple après trois bonnes heures de marche. La vue était splendide au sommet. On distinguait aisément Christo, les deux parties de la ville. Je pus même apercevoir l’immense forêt après la ville. Elle devait être trois fois plus étendue que celle que nous avions parcourue la veille. Le soleil couchant embellissait encore plus ce décor avec des teintes orangées qui recouvraient la cime des arbres.
-J’avais l’habitude de venir ici avec mes parents quand j’étais enfant. -Il est vrai que c’est un paysage merveilleux qui s’offre à nous. En parlant de tes parents, ils habitent toujours Christo ? -Non, ils sont morts depuis presque sept ans maintenant. -Je suis désolé, dis-je avec sincérité. -Tu n’as pas à l’être, c’est naturel après tout. C’est grâce à eux que je me suis inscrit dans l’armée. S’ils étaient toujours avec moi, ils ne l’auraient jamais cautionné. Leur mort m’a appris énormément et je sais qu’ils sont fiers de moi. -J’en suis persuadée. J’ai d’ailleurs aussi perdu mon père. -Qu’est ce qui est arrivé ? -C’était un grand pêcheur et il s’est fait prendre par une violente tempête, ma mère a eu du mal à s’en remettre. -Moi, ma mère ne s’en est jamais remise. Lorsque mon père fut décédé, elle se jeta de la falaise pour le retrouver. -C’est vraiment horrible, tressaillis-je. -Au début je trouvais ce geste égoïste, mais avec le temps je lui ai pardonnée. Enfin bref, il serait temps que nous entrions, reprit-il.
Le temple était vraiment majestueux. De nombreuses fresques représentant Gast habillaient les murs et les vitraux étaient magnifiques. Une immense statue à l’effigie de la déesse se tenait à côté des portes du temple. Gast avait un corps de femme et une tête de babouin. Elle portait de grands tissus qui tombaient sur ses hanches couvrant ainsi ses épaules, sa poitrine et sa taille. Le travail qui avait été effectué sur ce temple était minutieux, c’était incroyable. Tout ce que je découvrais dans ce monde était somptueux.
Kolio ouvrit les deux portes imposantes qui grincèrent en s’ouvrant. J’émis un hoquet de terreur en découvrant la scène devant moi. |
Voila, j'espère ne pas devoir attendre un mois avant de poster un prochain chapitre ... Bonne lecture  _________________  "La seule arme des enfants contre le monde, c'est l'imaginaire." Rêves, mon roman |
|  | | Telperion *Modo*

Nombre de messages: 1467 Age: 20 Date d'inscription: 01/01/2009
 | Sujet: Re: Ce qui me passe par la tête ... [Rêves_Chapitres 14 à 16] Lun 2 Nov 2009 - 17:26 | |
| Ca y est, j'ai tout lu ! La dernière fois, j'avais oublié de poster, du coup j'ai du reprendre avant de faire mon commentaire. Etant donné que ça fait un moment que je n'avais plus lu tes textes, il m'a fallu du temps pour reprendre mes repères. Tu as en effet un style assez particulier, qui rend l'histoire moins fluide sur le plan de la forme. Avec le recul, le contraste est encore plus saisissant. C'est un peu le problème de poster des chapitres au compte goutte : il faut du temps pour s'habituer à ton style litéraire, donc les pauses sont préjudiciables au lecteur. L'idéal, ce serait de pouvoir se poser tranquillement avec ton bouquin entre les mains et passer un après-midi entier à lire sans s'arrêter. Là, l'immersion serait totale et on apprécierait ton univers à sa juste dimension. Excuse-moi, c'est pas très constructif comme remarque, mais c'est exactement le sentiment que j'ai à chaque fois que je commente ton travail. Justement, en guise de commentaire plus précisément, je n'ai pas grand chose à dire. Le fond de l'histoire est toujours aussi bien mené, on progresse toujours vers plus de profondeur. Il y a une vraie évolution, palpable au fil des chapitres sans qu'on s'en rende forcément compte. Certains passages sont un peu trop longs (c'est pas la première fois que je le dis d'ailleurs), mais ça participe de l'ambiance générale du texte donc ça ne gêne pas tant que ça. En réalité, j'ai beau essayer de me concentrer sur tes derniers chapitres pour faire une critique centrée, j'arrive pas à donner un sentiment clair. Ton histoire forme un tout, il est impossible (en tout cas pour moi) de "sortir" un chapitre de la trame pour l'analyser individuellement. Il y a une continuité générale qui rend l'exercice de critique détaillée particulièrement frustrant. Attention, je précise immédiatement : ce n'est pas une critique péjorative que je fais là. C'est juste que je m'avoue incapable de ressortir des éléments particuliers de chaque partie. A la fin d'un chapitre, on se dit toujours "oui mais, après ?" avec l'étrange sentiment de faire du sur-place. Et pourtant, l'évolution est réelle, on la sent. Mais elle est diluée dans le rythme de l'oeuvre. Voilà pourquoi je dis que ton histoire est exactement le genre de livre que je n'aime pas lire par petits bouts. En lisant comme ça, on a le sentiment de passer à coté de l'essentiel et c'est très désagréable. Ton livre est le genre d'oeuvre qu'on doit lire d'une traite, c'est la seule manière de se laisser tranquillement immerger dans l'ambiance de l'histoire pour en suivre au mieux l'évolution. Bon, j'exagère surement, mais c'est pour mieux faire passer mon sentiment. On est pas obligé de lire d'une traite (en pratique, c'est quand même dur) ; mais passer au moins quelques heures de lecture à la suite me parait une nécessité. Tu objecteras que ça t'obligerait à poster cinq ou six messages à la suite sur ton topic. Effectivement, c'est le risque. Mais peut-être que ça vaut le coup. A toi de voir. En tout cas, je te renouvelle mon soutient plein et entier. Je te le dis maintenant, car il y a de fortes chances que je choisisse de ne pas lire tes prochains chapitres dès que les posteras. Je vais me les réserver pour un samedi après-midi de lecture d'immersion. Mes commentaires en sortiront plus riches, du moins j'espère. Bon courage pour la suite ! _________________ "Quand le Sage cherche la Vérité, l'imbécile l'a déjà trouvée." Parce que la pub est malheureusement légale : Un peu de mes pensées... |
|  | | M.L'abeille Mouchard


Nombre de messages: 112 Age: 19 Localisation: Une ruche en Alsace Date d'inscription: 04/06/2009
 | Sujet: Re: Ce qui me passe par la tête ... [Rêves_Chapitres 14 à 16] Sam 14 Nov 2009 - 15:33 | |
| | Telperion a écrit: | | En réalité, j'ai beau essayer de me concentrer sur tes derniers chapitres pour faire une critique centrée, j'arrive pas à donner un sentiment clair. Ton histoire forme un tout, il est impossible (en tout cas pour moi) de "sortir" un chapitre de la trame pour l'analyser individuellement. |
Ravi que mon histoire t'inspire ce sentiment, après tout je préfère mettre en place doucement mon histoire et prendre le temps pour le lecteur de s'immerger dans ce monde assez complexe ... A vrai dire, tout ceci était voulu puisque je prévois deux tomes, un premier qui est une mise en place de la trame principale ... un deuxième qui apporte les réponses qu'on se pose à travers le premier tome ...
Bref, après une petite semaine à relire mes chapitres 14 à 16 je vous les fait partager ... En espérant que ça ne gêne personne que je jete comme ça autant de chapitres ... Bonne lecture 
Chapitre 14 : Rencontre
| Spoiler: | | | Devant nous se tenaient des moines, morts. Il n’y avait aucun survivant et tous baignèrent dans une mare de sang. C’était un décor insupportable et je me retournai quelques secondes pour reprendre mon calme. Kolio me rassura alors que j’éclatai en sanglots. C’était un tableau des plus apocalyptiques que j’avais eu l’occasion de voir. Tous ces pauvres hommes étaient éventrés, décapités ou même brulés. Qui aurait bien pu faire une chose pareille ? S’agissait-il de l’œuvre d’un humain ou d’un monstre ? Si une personne était capable d’une telle bestialité, aucune étincelle d’humanité ne pouvait plus couler dans ses veines. Il me fallut de bonnes minutes pour me remettre de mes émotions.
-Je ne sais pas ce qui s’est passé ici, mais reste sur tes gardes Mina. On ne sait pas ce qui peut arriver.
Je serrai de toutes mes forces la garde de ma Chasseuse, un nom que je lui avais trouvée pendant notre traversée du tunnel. J’avais peur, mon cœur battait de plus en plus fort. Je ne savais pas ce qui avait bien pu faire un tel carnage mais j’espérais ne pas avoir à le rencontrer. C’est alors que j’entendis un chandelier tomber dans une chambre. Mon cœur s’affolait. Il était à deux doigts de sortir de ma poitrine. Kolio était également sur ses gardes. Soudain, je vis une boule de feu jaillir dans notre direction. Kolio eut à peine le temps de me plaquer contre le sol pour éviter le projectile.
-Qu’est-ce que c’était ? paniquai-je. -Je ne sais pas, mais cela ne veut rien dire de bon. Reste ici je vais voir. -Tu es fou, tu vas te faire tuer. -Toi aussi tu risque ta peau, s’énerva-t-il. Je ne peux pas me le permettre. -Mais si tu meurs, qui me protégeras ? Si nous y allons à deux nous aurons peut-être une chance de vaincre cette chose. -Partez d’ici avant que je ne vous tue vous aussi, hurla-t-on dans la chambre. -C’est un humain, m’écriai-je horrifiée. Comment un homme peut faire ça ? Je regardai vers les prêtres à terre et eus un léger haut-le-coeur. -Ce n’est pas le moment pour ça, me conseilla Kolio. Je sais que tu es touchée par ce qui est arrivé, mais reste concentrée Mi …
Kolio n’eut pas le temps de terminer sa phrase qu’une lame passa à quelques centimètres au dessus de nos têtes. J’entendis l’air vibrer au passage de l’arme. -Je vous ai dit de partir, hurla à nouveau l’inconnu.
La voix de celui-ci se fit plus nette, il se rapprochait. Je voulus lever la tête pour le regarder lorsque Kolio me plongea une nouvelle fois la tête au sol. La lame revint vers l’inconnu en sifflant légèrement dans mes oreilles. Il m’avait sauvé la vie.
-Quelle est cette arme ? s’étonna-t-il. Je n’ai jamais rien vu de semblable. -Je vous en supplie, partez, reprit l’inconnu en jetant une nouvelle fois sa lame.
C’est alors que Kolio libéra sa Trinité et contra l’attaque de notre adversaire. Le choc entre les épées fut brutal et émit un grondement sourd.
-Qui … Qui êtes-vous ? balbutia l’homme. Kolio se redressa en me faisant signe de faire le tour pour avoir l’homme par derrière.
-Je m’appelle Kolio, je suis garde de Karad et je dois vous arrêter pour le massacre que vous avez causé dans ce temple. Je ne sais pas qui vous êtes et cela n’a aucune importance à mes yeux. Vous représentez une menace, il est de mon devoir de vous arrêter. -Ce n’est pas de ma faute, sanglota l’homme. Je ne voulais pas leur faire de mal. Croyez-moi. -Je n’ai que faire de vos excuses.
Je rampai entre les corps en essayant de cacher mon dégoût, de peur que l’on me remarque. L’adversaire de Kolio était redoutable, il ne céda pas facilement. Je ne voyais pas la scène, mais les coups étaient d’une telle violence qu’ils firent trembler les vitraux du temple.
-Je n’ai jamais vu une arme pareil, où vous l’êtes-vous procurée ? demanda Kolio. -Quelle importance, l’essentiel est le maniement n’est-ce pas, monsieur le garde ? -Vous avez raison, et je dois dire que vous la maitrisez parfaitement. Vous êtes un expert en combat, vous feriez un excellent soldat. Dommage que votre vie s’arrête ici. -Des menaces, monsieur le garde ?
Le ton de l’homme était devenu plus grave. Je ne ressentis plus la peur de ces premières paroles. Il était comme possédé par une envie meurtrière. J’arrivai à l’autel et me redressai. Je pus enfin voir l’étranger. Il était vêtu d’un long manteau rouge et d’une épaulière qui couvrait la moitié de son bras. Il était blond et ses cheveux étaient coiffés en bataille. Son arme était colossale. Deux lames étaient reliées par des chaines à un anneau de fer d’au moins un mètre de diamètre. Je comprenais la surprise de mon ami en la voyant. J’eus à peine le temps de voir notre homme que celui-ci lança son arme dans ma direction. Je tendis ma lame devant moi pour éviter d’être touchée, mais je n’arrivai pas à canaliser la force de celle-ci et volai de plusieurs mètres avant d’être projeté sur l’autel.
-Mina !!! s’écria Kolio en se ruant sur l’homme. -Deux contre un, vous trouvez ça juste, monsieur le garde ?
A peine avait-il eut le temps de terminer sa phrase, qu’il attaqua Kolio avec la même force que contre moi. Il scinda sa Trinité en deux et bloqua sa lame avec sa chaîne centrale. Il dû cependant reculer de plusieurs centimètres pour canaliser totalement l’attaque.
-Jolis réflexes, se réjouit l’inconnu. Vous faîtes un adversaire valeureux, monsieur le garde. -Pourquoi avoir tué ces pauvres gens ? demanda Kolio. Que vous ont-ils fait ? -Je vous l’ai déjà dit, je ne l’ai pas fait exprès. -Alors pourquoi ne pas vous rendre tout simplement et cesser ce combat stupide ? -Les gens ne me croiront jamais.
L’homme prit son arme par le cercle de métal et fit tournoyer les lames sur Kolio. Il était bien trop fort, Kolio n’allait pas s’en sortir. Je tentai de me redresser et repris ma Chasseuse en main. Je scindai mon arme et dévia l’une des deux lames de l’inconnu.
-Toujours debout ma petite ? Il prit la lame de ma Chasseuse à pleine main et tira d’un coup sec sur celle-ci. Je volai dans sa direction et il attrapa son autre lame et se prépara à me frapper avec. C’est alors que je ressoudai mon arme, entaillant ainsi la main de mon assaillant et roulai sur le sol avant de le frapper aux jambes. Cependant il bloqua mon attaque avec son anneau central.
-Impressionnant. Je suis presque sûr que c’est vous monsieur le garde qui l’avez entraînée. Ai-je raison ? -Qu’est ce que ça peut bien te faire ? pesta Kolio. -Je voulais juste savoir si tu ressentirais de la haine à mon égard si jamais je touchais à un cheveu de ce si joli minois. -N’y pense même pas, cracha-t-il. L’inconnu me souleva à une dizaine de centimètres au dessus du sol avant de me projeter contre une colonne. Je sentis deux côtes se briser sous l’impact et hurlai de douleur. -Tu vas le regretter. Colère du Roi Simon.
Les mouvements de Kolio se firent plus rapides et plus intenses. Ses frappes devinrent plus féroces et l’inconnu reculait petit à petit sous l’impact des coups. Les chocs entre les lames se faisaient si violents que mêmes les murs vibraient. Je n’avais pas imaginé que Kolio pouvait se montrer si violent lorsqu’il se sentait menacé.
-Quelle rage en vous Monsieur le garde, mais vous n’êtes rien. -Quoi ? L’étranger jeta sa lame dans les airs captant ainsi toute l’attention de Kolio et il lui asséna un coup de pied dans le torse qui le fit reculer de plusieurs mètres.
-Espèce de lâche, s’énerva Kolio. Tu ne mérites pas de vivre. -Pourquoi tant de haine. Ca ne vous ressemble pas Monsieur le garde. Vous devriez plutôt prêcher la bonne parole comme ces pauvres innocents. -Ordure.
Kolio reforma sa Trinité en attaquant notre assaillant de manière totalement aléatoire. Je n’arrivai pas à suivre ces coups. Il faisait preuve d’une grande dextérité, mais son adversaire était très rusé et esquiva sans problèmes le moindre de ses coups. -C’est tout ce dont vous êtes capable ? Voyons je suis sûr que vous pouvez faire bien mieux que ces vulgaires attaques. Il prit l’arme par une chaine et fit tournoyer l’anneau au-dessus de sa tête avant de frapper Kolio avec sa première lame. Celui-ci bloqua l’attaque sans grandes difficultés. -Trop lent, s’exclama l’inconnu avant de frapper Kolio avec son autre lame. Kolio glissa en arrière avant de s’écraser sur les bancs du temple. Il se redressa périlleusement. Il était sérieusement épuisé et ne savait plus quoi faire pour l’arrêter. -Moi qui commençais à m’amuser, ne me dîtes pas que vous en avez déjà terminé. -Je … n’abandonnerai … pas, répondit-il. -Vous devriez, vous êtes dans un piteux état mon cher.
Je me redressai et me rua sur notre opposant mais celui-ci émit un ricanement en se dirigeant vers moi. -Vous êtes pires que des parasites ma parole, quand comprendrez-vous ? La lueur dans ses yeux reflétait de la pure folie. Cet homme n’était pas comme nous, il avait quelque chose de différent, mais je ne pouvais pas dire exactement quoi. Je vis alors un bracelet qui se mit à scintiller autour du poignet de l’homme. Je frissonnai en remarquant le même symbole qui se trouvait sur mon brassard. Je compris alors comment il créa la boule de feu. -Vous êtes morts, hurla l’homme en projetant une boule de feu de la paume de sa main. C’est alors que je sentis l’aura de mon brassard refaire surface. La douleur qui se propagea dans mon bras était aussi insoutenable que dans le tunnel. Un éclat lumineux jaillit de ma main et un immense mur de glace se dressa devant moi.
-Que … Comment as-tu ? balbutia l’inconnu. Ce n’est pas un problème, je vais t’avoir quand même. Son bracelet se remit à briller de mille éclats et je sentis l’aura se diriger dans son arme. Ses lames rougirent et de la vapeur commença à s’en dégager. La chaleur était insoutenable, mais pas comme la douleur qui se répandit à nouveau dans mon bras. Je ne pus m’empêcher d’hurler tant la douleur était forte. L’énergie se canalisa dans mon épée qui se mit à étinceler. Elle était devenue aussi translucide que le verre et aussi froide que la glace. Je scindai ma lame. Je fendis l’air d’un coup sec. Une aura glacée se dirigea sur notre adversaire. Celui-ci tenta en vain de contenir l’onde de choc avant d’être propulsé de plein fouet contre un mur. L’impact fut d’une telle violence, qu’un vitrail explosa en mille morceaux. |
_________________  "La seule arme des enfants contre le monde, c'est l'imaginaire." Rêves, mon roman |
|  | | M.L'abeille Mouchard


Nombre de messages: 112 Age: 19 Localisation: Une ruche en Alsace Date d'inscription: 04/06/2009
 | Sujet: Re: Ce qui me passe par la tête ... [Rêves_Chapitres 14 à 16] Sam 14 Nov 2009 - 15:51 | |
| | Spoiler: | | | Ma lame redevint normale et mon brassard se ternit. J’étais à bout de souffle et m’effondra au sol. Kolio se dirigea vers moi et me tendit une des potions qu’il nous restait.
-Tiens, bois ça, ça te soulagera un peu. -Ce … n’est pas … un … problème, lui murmurai-je. -Je crois que je te dois une nouvelle fois une fière chandelle. Ce brassard est peut-être dangereux, mais il nous a sauvés la vie deux fois maintenant. -Et qu’est-ce qu’on fait de lui ? demandai-je. -Nous allons le ramener à Karad, nous reprendrons notre route après pour retrouver Emal, je te le promets. -Où … Où suis-je ? s’interrogea l’inconnu en reprenant conscience. -Déjà ? s’étonna Kolio. -Sa voix a l’air différente de tout à l’heure, remarquai-je. On dirait que ce n’est plus le même homme.
Nous nous approchâmes de l’inconnu pour voir dans quel état il était après le choc. -Qui êtes-vous ? demanda-t-il, en fixant Kolio. -Vous ne vous souvenez pas ? Vous avez voulu nous tuer tout à l’heure. -Quoi ? s’exclama l’étranger. Ce n’est pas possible, je ne pourrais pas faire de mal à des êtres humains. -Et eux, que vous-ont-ils faits, m’énervai-je en désignant les corps au sol. -C’est impossible, je ne me souviens de rien, je vous le promets. -Vous devrez en découdre auprès du commandant Dragor … -Non, pas lui, le coupa l’inconnu. -Vous connaissez Dragor ? s’exclama Kolio. Comment le connaissez-vous ? -Répondez, m’impatientai-je. -Je suis arrivé à Karad il y a de ça quelques semaines, mais je n’avais pas le moindre souvenir de cette vie. Vous allez me prendre pour un fou, mais je suis en train de rêver… -Emal ? m’ébahis-je. -Comment connaissez-vous mon nom ? -Mina, je peux te parler ? me murmura mon ami. -Bien sur.
Nous gagnâmes l’autel pour avoir plus d’intimité et éviter qu’Emal ne puisse nous entendre. -Je suis désolé Mina, mais il faut l’enfermer. -Après tout ce chemin parcouru il faut que tu gâches tout, m’énervai-je. J’ai enfin trouvé celui qui vit la même chose que moi et tu veux le mettre en prison ? -Il a failli nous tuer, me rappela-t-il. -Mais tu vois bien qu’il n’a pas l’air dangereux. Regarde moi dans les yeux et dit moi que l’homme qui se tient devant nous représente une menace quelconque. -Mina, ne discute pas mes ordres je te prie. Il est violent et incontrôlable.
Une fois qu’il aura repris ses esprits, qui sait s’il ne voudra pas nous tuer à nouveau. -C’est un risque à prendre, mais regarde son bracelet. Ne me dis pas qu’il s’agit d’une coïncidence. Nous sommes tous les deux en train de rêver et nous avons un bijou avec un symbole que tu n’avais jamais vu avant. -J’avoue que c’est étrange, mais je ne crois toujours pas à tes histoires de rêves… -Ecoutons-le au moins, s’il te plaît Kolio. -Très bien, mais s’il ne nous apprend rien, je l’emmène sans discuter à Karad. -Comme tu voudras.
Nous retournâmes vers Emal, Kolio étant sur la défensive je préférai gérer notre discussion. -Bonjour Emal, je m’appelle Mina et voici mon ami Kolio. -Comment connaissez-vous mon nom ? répéta-t-il. -C’est Nadya qui m’a parlé de vous. Je l’ai croisée par hasard et elle a fait le rapprochement entre mon histoire et la votre. -Est-ce qu’elle va bien ? s’inquiéta-t-il. -Elle est peinée par votre départ mais semble en pleine forme. -Je suis tellement soulagé, vous ne pouvez pas savoir ce que je ressens depuis des jours maintenant. -Ne vous inquiétez pas, je comprends parfaitement. Moi aussi je ne suis pas d’ici. -Vraiment ? -Oui, mais c’est assez bizarre. Vous avez parlé de rêves tout à l’heure. Et bien il m’arrive exactement la même chose. -Moi qui pensais que je devenais fou. -Il en va de même pour moi, je pourrais également savoir où avez-vous trouvé ce bracelet ? -Dans une grotte près d’ici. Malheureusement je ne sais plus précisément où ? Depuis que je l’ai au poignet, je ne contrôle plus mes faits et gestes. -Pourquoi en suis-je capable alors Kolio ? -Aucune idée, mais il vaudrait mieux retourner à Karad demander au BAT de faire des recherches là-dessus. -Non ! protesta Emal. Je ne retournerai pas à Karad, ma place n’est pas là-bas et je veux savoir comment me réveiller. -Vous ne vous réveillez pas dans votre monde une fois alité ? -Non, pas une seule fois.
Sa réponse me fit sursauter. Le pauvre, il était enfermé ici depuis des jours sans pouvoir se réveiller. Pourquoi moi j’avais cette chance ? Et pourquoi mes journées ici se faisaient plus nombreuses avant de retourner dans mon monde ? Je commençai à ressentir quelques inquiétudes, mais j’étais encore trop préoccupée par ce bracelet. -Je suppose que vous n’êtes pas capable de l’enlever, affirmai-je en désignant le bracelet d’Emal. -J’ai tout essayé, mais rien n’y fait, il m’est impossible de me défaire de cette chose. -Et pourquoi être venu à Christo ? interrogea Kolio. -Je voulais partir pour l’Est, j’avais entendu parler d’un peuple ancestral vivant dans une forêt qui était d’une grande sagesse. J’ai pensé qu’il pouvait m’aider à retrouver une vie normale. -Il doit probablement parler du peuple des Vakines. -Qu’est-ce que c’est encore que ça ? demandai-je. -Un peuple constitué uniquement de femmes. Elles sont en communion avec la Nature et sont adeptes de la magie. Elles n’aiment pas vraiment les humains et ne s’aventurent jamais à l’extérieur de leur forêt. -Elles pourraient trouver une solution pour ce bijou ? -C’est possible, mais je ne peux rien te garantir… -Alors on y va, le coupai-je.
-C’est trop risqué. Plus nous nous engouffrons dans le continent plus les monstres sont féroces. -Et alors, nous sommes trois à présent. -Tu n’es pas sérieuse, j’espère ? s’indigna Kolio. -Tu as vu comme moi que c’était un combattant hors-norme. -Mais il a failli nous tuer. -Je n’étais pas moi-même si je peux me permettre… -Prouvez le moi et je vous ferais confiance. -Malheureusement c’est impossible, s’excusa Emal. -Fais lui confiance. De toute façon, tu as une autre solution à me proposer ? -A part aller à Karad, non je n’en ai pas. -Bien alors nous allons rencontrer ces Vakines, conclus-je. |
J'enchaine sur le Chapitre 15 : Etrangères
| Spoiler: | | | -On arrive bientôt, ça fait une semaine qu’on marche et nous n’avons toujours aucunes traces de ces Vakines. -Cesse donc de te plaindre ainsi Mina. -Ton ami a raison, il n’est pas si aisé de trouver les Vakines, c’est plutôt elles qui nous trouverons. -Alors pourquoi ne pas s’asseoir sagement au cœur de la forêt et attendre qu’elles nous tombent dessus ? -Si c’était aussi facile … -On aurait trouvé les autres qui sont dans notre cas depuis longtemps, termina Emal.
En une semaine, mes deux compagnons s’étaient rapprochés et avaient tissé des liens amicaux. Après les incidents à Christo je n’imaginais pas une seconde les voir combattre main dans la main pour me protéger. Emal était quelqu’un d’adorable et je me sentais en sécurité à ses cotés. Il était vraiment doué pour le combat et les pouvoirs de son bracelet faisaient de lui un adversaire redoutable. Il valait mieux l’avoir à nos cotés que comme adversaire. Je prenais également plaisir à parler avec lui une fois la nuit tombée pour parler de nos époques respectives. J’appris qu’il habitait à Karad un siècle avant mon époque, c’est-à-dire un peu avant la disparition des bisols. Il m’expliquait comment était la vie quotidienne à son époque et j’en fis de même. Kolio commençait même à nous croire tout doucement et nous avait promis de voir le BAT pour essayer de trouver une solution à notre problème.
Le trajet commençait vraiment à m’épuiser et durant toute cette semaine, je ne m’étais pas réveillée une seule fois dans le monde réel. Je ne comprenais vraiment pas ce qui se passait et une certaine anxiété commençait à apparaitre en moi. Je me posais des tas de questions. Si jamais je ne me réveillais pas ? Comment toute cette histoire allait se finir ? Malheureusement, je ne pouvais trouver de réponses et je ne pouvais qu’avancer pour le moment. Il s’agissait peut-être d’un rêve, mais celui-ci était si réel que je ne pouvais qu’en profiter.
-Attention, nous prévins Kolio. J’entends quelque chose venir vers nous. -Reste derrière Mina. -C’est bon, je ne suis pas une enfant. Les progrès que je faisais au combat ne cessaient de bluffer Kolio et je ne ressentais plus la douleur de mon brassard. Mais cela ne suffisait pas. Comme Kolio nous l’avait dit, les monstres ici sont bien plus féroces qu’aux abords de Karad, bien que nous étions trois.
Deux espèces de plantes carnivores s’approchèrent de nous, avançant en plantant leurs racines dans le sol. Deux tiges difformes leur servaient de bras et des pétales de roses leur faisaient offices de visage. Un liquide violacé dégoulinait des pétales et décomposa les parcelles d’herbe à leur contact. Elles poussèrent des cris stridents qui me déchirèrent les tympans.
-Qu’est ce que c’est que ça ? -Je n’en ai pas la moindre idée, je te rappelle que je viens de Karad. Je ne connais pas la faune des environs. -Mais tout ceci ne me dit rien qui vaille. Je m’occupe de celle de droite, elle ne devrait pas me poser trop de problèmes avec mon Chant céleste. Le nom de l’arme d’Emal était à l’opposé de sa forme. Celle-ci inspirait la peur et la puissance alors que son nom provoquait un sentiment de paix et de beauté. -Ne te laisse pas déconcentrer, me coupa Kolio. -Désolé.
Kolio se précipita sur la plante de gauche tandis que je couvris ses arrières. Il se battit avec une lame dans chaque main, ce qui était plutôt rare. Il déchira l’une des tiges ce qui provoqua chez la plante un nouveau cri perçant. Celle-ci cracha le liquide au visage de Kolio, mais je plaçai un mur de glace entre le fluide et mon ami. Les interventions de mon brassard étaient toujours aléatoires et hasardeuses, mais elles représentaient un sérieux atout pendant les combats.
-Laisse-moi l’achever. Je me précipitai vers la plante et la frappa au niveau des pétales. La tête tomba à ses pieds et celle-ci se décomposa sur place avant de ne laisser qu’un amas de cendres. -Bien joué … Kolio n’eut pas le temps de terminer sa phrase, qu’Emal fut projeté à nos côtés. -Ca ira ne vous inquiétez pas. Je vais me la faire cette ordure. Emal prit son arme par l’anneau et toupilla sur lui-même avant de lâcher son Chant Céleste sur la plante qui subit le même sort que son amie. -Une bonne chose de faite, plaisanta-t-il en récupérant son arme. Coriace quand même ces bêtes. -Reprenons notre route.
Une nouvelle journée s’était écoulée et nous fûmes obligés de nous arrêter pour la nuit. Pendant que les garçons préparaient le camp je vérifiai les environs et cherchai du bois pour le feu. J’eus un instant un coup de cafard en repensant à mes amis. Lilou aurait adorée être à ma place et moi d’être à leurs côtés. La vie dans le monde réelle commençait quand même à me manquer, mais je n’avais pas de quoi m’inquiéter puisque tout se passait bien.
Je retournai au camp et nous décidâmes de la rotation des tours de guet pour la soirée à passer. Les monstres la nuit étaient moins nombreux que le jour, mais beaucoup plus coriaces ce qui nous empêchait très souvent de passer une nuit entière sans être réveillé. Cette nuit se passa sans encombres et nous repartîmes dès le lever du soleil. Nous avancions à l’aveugle, puisque nous n’avions aucune idée de l’emplacement du village des Vakines. Les combats se succédaient et nous commencions à connaître les points faibles de nos adversaires ce qui écourtaient considérablement les affrontements. Emal et moi en profitions pour essayer de contrôler nos bijoux, mais ce n’était pas toujours évident. Emal maitrisait parfaitement l’envoie de petites flammèches et moi la création d’un mur de glace assez mince, qui nous sauva de plusieurs attaques déjà.
-Je crois que nous allons rentrer à Karad. -Tu plaisantes Kolio j’espère, nous n’avons pas parcouru cette forêt pendant près d’une semaine pour abandonner maintenant. -Mina a raison, tu ne peux pas baisser les bras maintenant. -Je veux bien vous aider, mais vous voyez bien que nous tournons en rond depuis des jours. De plus Dragor doit être mort d’inquiétude à mon sujet. -Arrête donc de te trouver des excuses. -Oui tu n’as qu’à dire qu’Emal était parti plus à l’est que ce que nous pensions. -Je ne sais pas d’où vous tenez cette force, mais vous m’impressionnez tous les deux… -Tais-toi Kolio, j’ai entendu quelque chose, s’exclama Emal qui tenait fermement son arme. Tout à coup je sentis une lance passer à quelques centimètres de mon visage et qui se planta dans un arbre à proximité. -Je crois bien que nous avons de la visite. -Je suis prête… C’est alors qu’une deuxième lance se dirigea vers droit sur Emal. -Attention ! m’écriai-je. -Ne t’inquiète pas.
C’est alors qu’il lança une boule de feu sur la lance qui se consuma en quelques instants. -Impossible, s’exclama une voix. Je ne vis personne cependant dans les alentours, j’entendis juste le vent balayer les branches des arbres. -Je crois qu’elles nous ont repérés, affirma Emal. -C’est tout à fait possible. Je ne pensais pas qu’elles étaient aussi habiles cependant. -Des Vakines sont ici ? -Oui, mais elles sont déjà parties. -Comment ont-elles fait ? -Elles sont en communion avec la Nature, me rappela Kolio. Elles ne font qu’un avec la faune, la flore, la pluie ou le vent. -Donc une simple brise peut en réalité cacher une Vakine ? -Je ne connais pas l’étendue des pouvoirs de leur peuple, mais maintenant qu’elles nous ont trouvés, mieux vaut rester sur nos gardes.
Nous continuâmes donc notre avancée épée en main, prêts à une éventuelle attaque venant de leur peuple. -Mais Kolio, pourquoi ne pas simplement les laisser nous trouver, c’est ce que nous voulions non ? -Elles nous ont attaqués, ça signifie pour elles que nous représentons une menace quelconque pour leur peuple… -Sans doute parce que tu portes l’uniforme des gardes de Karad. -Très drôle Emal, je ne pense pas qu’elles aient pu reconnaitre mon armure, Karad se situe à plus d’une semaine de marche et elles ne sortent jamais de leur forêt… -Mais comme tu l’as si bien dit, nous ne connaissons pas l’ampleur de leur pouvoir, le coupai-je. -C’est vrai, mais je ne peux l’enlever pour autant. -Nous n’avons pas dit ça Kolio rassure-toi… -Vous-là, nous interrompit une voix féminine.
Les Vakines nous retrouvèrent sans grandes difficultés mais je pus les distinguer cette fois-ci. Elles avaient la taille d’une femme normale mais leurs corps étaient de couleur beige. Deux petites oreilles blanches triangulaires sortaient par le haut de leur crâne. Elles avaient les yeux effilés et leurs pupilles ne formaient qu’une simple fente. Elles possédaient enfin une queue qui trainait au sol. Il s’agissait en fait d’un peuple mi-humain, mi-chat. Kolio n’en avait visiblement jamais vu auparavant, vu la façon dont il les dévisagea. Emal lui semblait plutôt admiratif devant le charme qu’elles dégagèrent. Ces femmes étaient d’une beauté à couper le souffle, postées sur des talons qui pouvaient rendre jalouse n’importe quelle humaine. Leurs cheveux blancs reflétaient la lumière du Soleil. Elles avaient toutes la même coupe, s’arrêtant au niveau de leur nuque, les pointes filant vers l’extérieur. Leurs jambes étaient longues et fines, tout comme leurs doigts. Elles se ressemblaient toutes, mais une moitié était protégée par des armures blanches, tandis que l’autre moitié portaient de simple haillons, qui leurs donnaient tout de même une beauté incomparable. La Vakine qui nous interrompit faisait partie de celles possédant une armure, mais la sienne était plus imposante, il s’agissait sans doute de leur supérieure.
-Que faites-vous dans notre forêt ? demanda froidement la Vakine. -Nous étions à la recherche de votre village, répondit Kolio. -Des humains qui veulent nous parler, ce n’est pas une première, soldat de Karad. -Quoi ? m’exclamai-je. Vous connaissez l’existence des gardes de Karad. -Evidemment ma petite. Vous pensiez vraiment que nous ne nous renseignons pas sur le monde extérieur. -Fascinant, on dirait bien que tu t’étais trompé Kolio… -Ca va Emal… -Silence ! Quel manque de respect envers notre peuple. Vos querelles ne m’importent guère. -Qu’est-ce que ça peut vous faire ? s’énerva Kolio. De toute façon vous allez nous tuer. -Peut-être pas. Je vais plutôt vous faire passer un petit test. Si vous le réussissez je vous conduirai au village, mais si vous échouez, nous sommes assez pour vous faire rendre l’âme sans que vous vous en rendiez compte. -On ne peut qu’accepter j’en ai bien peur, remarquai-je. -Et si nous refusons de le passer ? -Tu es devenu fou Emal ? -Laisse le faire Mina. -Je ne crois pas que vous soyez en mesure de négocier quoi que ce soit, repris la Vakine. -Très bien alors nous acceptons votre test, abdiqua Kolio. Que devons-nous faire ? -Cela ne te concerne pas, il n’intéresse que les deux jeunes gens qui t’accompagnent. -Pourquoi que nous ? m’exclamai-je. -Nous avons remarqué que vous possédiez de bien étranges pouvoirs et nous voudrions les voir à l’œuvre. -Vous ne savez donc pas quels sont ces bijoux ? demanda Kolio. -Cessez de m’interrompre je vous prie. Réussissez le test et nous vous conduirons dans notre village. -Très bien, je commence. Mina recule toi.
Emal se concentra. Je sentis son aura se manifester à la vue de son bracelet qui se mit à scintiller. Après quelques secondes, celui-ci brilla de mille feux et Emal tendit son bras en direction d’une des Vakines. Trois flammèches sortirent de la paume de sa main et se jetèrent sur la Vakine visée. Celle-ci claqua des doigts et une bulle d’eau la protégea des projectiles. -Impressionnant, m’écriai-je en même temps que la chef Vakine. -A vous jeune fille. Je pris une profonde inspiration, mais j’émis quelques réserves quand au fait de réussir cette épreuve. J’arrivai certes à faire apparaître plus facilement un mur de glace, mais uniquement dans les combats. Je n’étais pas sûre d’y arriver maintenant. Je me concentrai, mais rien ne se passa. -N’y arrivez-vous pas jeune fille ?
La Vakine mit une pression supplémentaire sur mes épaules, mais je devais réussir. Mon brassard se mit à scintiller, mais son énergie ne me brulait plus et je tendis la paume de ma main pour faire apparaître le mur de glace. L’une des Vakines en armure jeta une lance dans ma direction, mais celle-ci n’érafla pas ma protection. Alors une Vakine en haillons claqua des doigts et une trombe d’eau vint s’écraser sur le mur sans résultats.
-Vraiment impressionnant. On peut dire que vous avez réussi ce test sans problèmes. -Vous possédez aussi des pouvoirs à ce que je vois. Quel en est leur étendue ? demandai-je. -Je vous répondrai en temps voulu, ne vous inquiétez pas. Je peux comprendre que vous vous posiez des questions, mais j’en ai aussi quelques unes à votre sujet. -Votre village est loin d’ici ? demanda Kolio. -A une heure de marche environ. -N’avez-vous pas peur que nous révélions son existence aux humains ? l’interrogeai-je. -Je sens que vous avez quelque chose de différents en vous. De plus, notre village est entouré par une barrière magique que nous sommes les seules à pouvoir franchir.
La Vakine était la deuxième personne à me dire que j’avais quelque chose de différent en moi. Elle et le grand Maitre sentaient-ils que je ne venais pas de ce monde ? -Mais nous alors ? -Ne vous inquiétez pas, tant que vous êtes escortés la barrière vous considérera comme des nôtres. -Quel monde fantastique, m’écriai-je.
Nous nous arrêtâmes en plein cœur de la forêt. Je reconnus les environs, puisque nous étions passés par ici au moins trois fois. -Nous voici arrivés. Le village se trouve derrière cette barrière. -Mais je ne vois rien, déclarai-je. -C’est normal, la barrière ne peut-être vue par les humains. Elle claqua des doigts et un mur bleu se présenta devant nous. -Mais pourquoi n’avons-nous rien sentis lorsque nous avons franchi cette barrière ? demanda Emal. -Comme je vous l’ai dit, seules les Vakines peuvent pénétrer notre village. En fait, notre village se trouve dans une sorte de dimension parallèle que nous ne pouvons franchir qu’avec cette barrière. Pour vous autres humains, franchir cette barrière reviens à continuer à travers la forêt. -Le BAT serait vraiment curieux d’examiner un tel système. -Kolio ! Tu n’as pas honte de dire ce genre de choses ? -Je plaisantais rassures-toi Mina. -Allez-y, n’ayez crainte. Emal traversa en premier le champ, suivi de près par Kolio puis par moi. Les Vakines ne tardèrent pas à nous rejoindre. -Notre village se trouve au bout du chemin.
Un long sentier recouvert de fleurs flottait dans les airs devant nous. Cette impression de néant fut vraiment désagréable. Au bout du chemin, brillait une lumière blanche. Kolio me prit dans ses bras sentant que j’étais stressée et me rassura. -Ne t’inquiètes pas Mina, tout va bien se passer. Si elles voulaient nous tuer, elles l’auraient fait depuis bien longtemps. Je regardai derrière moi et vis les Vakines dressées sur leurs talons, marchant toutes à la même cadence. Elles ne nous adressèrent pas un seul sourire à l’exception de leur chef. -Nous n’avons pas l’habitude de la présence des humains ici, s’excusa-t-elle. Nous avons toujours été distantes avec eux. -Pourquoi ? -Il y a de ça un siècle, des hommes avides de savoir et de connaissances avaient enlevé l’une des nôtres et l’avaient torturée pour connaître tout ce qu’elle savait. Elle s’est sacrifiée pour que nos secrets ne tombent pas entre les mains de l’Homme. -C’est vraiment horrible comme histoire. Je comprends pourquoi vous vous méfiez autant de nous. Mais avez-vous déjà ramené d’autres humains dans votre village ? -Oui une fois, un enfant qui avait été abandonné par sa famille en plein cœur de la forêt. Nous ne pouvions pas le laisser seul et l’avons donc adopté, comme s’il s’agissait de l’un de nos enfants. Mais il est parti il y a quelques années et nous ne l’avons plus jamais revu. -J’aimerais vraiment en connaître plus sur vous. -Ne t’inquiètes pas, nous allons vous présenter à notre matriarche, tu pourras lui poser toutes les questions que tu voudras. L’éclat lumineux que nous voyions au loin se révéla être une simple porte. Nous entrâmes avec mes compagnons et vîmes un spectacle des plus féériques. |
_________________  "La seule arme des enfants contre le monde, c'est l'imaginaire." Rêves, mon roman |
|  | | M.L'abeille Mouchard


Nombre de messages: 112 Age: 19 Localisation: Une ruche en Alsace Date d'inscription: 04/06/2009
 | Sujet: Re: Ce qui me passe par la tête ... [Rêves_Chapitres 14 à 16] Sam 14 Nov 2009 - 16:15 | |
| Et enfin le Chapitre 16 : Magie| Spoiler: | | | Jink était un véritable havre de paix. Les habitations étaient construites en bois, au milieu des arbres. Des ponts suspendus reliaient les différentes maisons. Les Vakines s’occupaient des animaux qui vivaient en harmonie avec elles. D’immenses vergers et potagers occupaient l’espace. C’était incroyable de voir une telle organisation dans une forêt.
-Suivez-moi, je vais vous conduire chez notre Matriarche. Nous grimpâmes dans les arbres et suivîmes la Vakine. Nous passâmes devant ce qui devait être une école puisque des enfants y jouaient. C’était si émouvant de les voir jouer comme ça. Par contre les Vakines plus âgées nous dévisagèrent en nous faisant bien comprendre que nous n’étions pas les bienvenus dans leur village. Notre amie les rassura dans une langue que je ne comprenais pas. -Au fait, quel est ton prénom ? lui demandai-je. -Appelez-moi Sylvania. -C’est un joli prénom, vous ne trouvez pas les garçons ?
J’essayai de leur faire dire quelques mots, car ils n’avaient encore pas parlé depuis notre arrivée au village. -Excuse mes amis Sylvania. -Ne t’en fait pas pour ça Mina. -Je peux te demander quelque chose avant d’aller voir la matriarche ? -Oui que veux-tu ? -J’aimerais comprendre un peu votre organisation, j’ai déjà pu constater que tu portais des vêtements différents des autres Vakines en armure et je ne parle pas encore des autres Vakines qui t’ont accompagnée. -Je pressentais que tu allais me poser cette question, plaisanta-t-elle. Le peuple des Vakines est constitué en deux. Nous avons d’un côté les Protectrices, comme-moi et les Communicantes. -Les Protectrices et les Communicantes ? -Laisse-moi continuer avant de poser d’autres questions … -Désolé Sylvania. -Bon alors, le rôle des Protectrices est, comme leurs noms l’indiquent, de protéger le village. Nous sommes spécialisées dans le combat plus ou moins rapproché, cependant nous n’avons pas plusieurs maisons comme chez vous à Karad.
A l’évocation de Karad, Kolio se retourna brusquement en direction de Sylvania. -Ce n’était pas pour être désagréable soldat. Après tout, nous avons presque le même rôle à jouer. Moi aussi je suis responsable de la garde, c’est pourquoi je possède une armure légèrement différente. -Vous êtes responsable de cette garde, s’écria Kolio. -Ca vous surprend peut-être ? Bien continuons. Les Communicantes elles, sont capables d’entendre les appels de la forêt et ainsi d’utiliser une magie puissante. -Comme avant avec la bulle de protection et le torrent d’eau ? -Exactement Mina, mais nos pouvoirs se limitent à l’eau, au vent et à la terre. De plus, tous nos sorts n’ont pas forcement un but dans un bataille. -Mais toi alors, tu ne peux pas entendre la forêt ? -Bien sur que si, toutes les Vakines peuvent l’entendre, mais certaines d’entre nous ont une meilleure perception. Je ne peux vous en parler exactement, puisque je ne suis qu’une Protectrice. Mais regarder plutôt Patritzia à l’œuvre. -Qu’y a-t-il Sylvania ? demanda la Vakine en ayant entendu son nom. -Montre un peu à ces jeunes gens comment les Communicantes peuvent utiliser leurs pouvoirs.
La Vakine se concentra, ferma les yeux et pris une grande inspiration. Elle tendit les bras sur le côté et une légère brise vint l’envelopper. Elle marmonna des paroles dans sa langue puis referma la paume de ses mains. Lorsque la brise s’arrêta, elle les ouvrit et un petit oiseau s’échappa. Je restai coi devant cette démonstration.
-J’ai encore une question. -Vas-y je t’écoute. -Comment avez-vous fait tout à l’heure pour vous déplacer aussi vite ? -Le vent. Nous pouvons ne faire qu’un avec le vent, c’est grâce à la forêt. C’est pourquoi nous pouvons toutes l’entendre ... Soudain, une jeune Vakine nous rentra dedans. -Tu pourrais faire un peu attention où tu vas Maky. -Désolé Sylvania, c’est juste que je suis pressée. Ce sont les humains que tu as senti ? -Oui, nous allons voir la Matriarche. -C’est un bel honneur que vous avez-là, souligna-t-elle en nous adressant un large sourire.
Maky n’était pas comme les autres Vakines, je le sentais. Déjà elle n’avait pas peur de nous et ne nous méprisait pas du regard. Elle portait une armure proche de celles des Protectrices mais de couleur noire. Elle sauta du pont et je ne pus m’empêcher de tressaillir à la vue de cette enjambée. -Ne t’inquiètes pas Mina, après tout nous sommes des chattes. Nous retombons toujours sur nos pattes. Bien nous voici arrivés, veuillez respecter notre matriarche, sans quoi vous risquez d’être tués sur place. -Ne t’en fais pas Sylvania, la rassura-t-on.
Nous étions face à une grande bâtisse noire. Elle surplombait le reste du village, c’est pourquoi il nous était difficile de ne pas comprendre qu’il s’agissait de la maison de la matriarche. Sylvania souleva le rideau et prévins la femme de notre arrivée. -Voici donc les humains qui nous cherchaient depuis près d’une semaine. Entrez je vous prie. Je m’attendais à voir une femme bien plus âgée que Sylvania, mais devant moi se tenait une femme tout aussi jeune que celle-ci. Ce village ne cessait de me surprendre. -Bonjour Madame. -Vous êtes les humains qui cherchaient notre village depuis une semaine. La forêt m’a prévenue de votre venue imminente. -En effet, madame et nous aurions quelques questions à vous poser, si vous nous le permettez, déclara Kolio. -Evidemment, après tout vous êtes venus exprès pour cela si je ne me trompe pas. -Nous n’irons pas par quatre chemins, alors Mina et moi-même voudrions savoir pourquoi nous … -Malheureusement, la forêt ne peut répondre à cette question. Je sais juste que vous êtes quelques uns dans ce monde à n’être pas vraiment réels. -Nous … ne sommes pas … réels ? balbutiai-je. -Tu en doutais jeune fille ? -C’est juste que tout ceci est si réel. -C’est parce que ça l’est, mais toi tu sais très bien que ta place n’est pas ici.
La réponse de la matriarche m’étonna. Je n’aurais pas imaginé que la forêt puisse être capable de lui faire comprendre notre arrivée ici. -Et vous ne sauriez pas quels sont ces bijoux ? reprit Kolio. -Cher Soldat, encore une fois, je ne pourrais répondre à cette question. Je sais juste qu’ils représentent une arme très puissante et que seul l’esprit peut la contrôler. La forêt m’a expliquée également qu’il y’en avait sept différents disséminés à travers le monde et que seuls les Elus peuvent y avoir accès. -Les Elus ? m’écriai-je. Que voulez-vous dire par là ? -Je sais juste qu’une terrible menace rôde et qu’elle ne va pas tarder à éclater. La seule façon pour vous de l’arrêter est de réunir les sept détenteurs des bijoux sacrés et de faire front. C’est tout ce que la forêt peut me dire. Je suis désolée pour vous. -Vous nous avez déjà grandement aidé, remercia Kolio. -Mais j’aurais tellement aimé en faire plus pour vous. Vous êtes différents des autres humains, la forêt m’avait déjà prévenue de votre arrivée. Si vous désirez rester pour la nuit, notre village vous accueillera avec grand plaisir. -Je vous remercie Madame, mais puis-je encore vous demandez quelque chose, si ce n’est pas trop importun ? -Sache jeune fille, que les Vakines ne peuvent mourir de vieillesse, c’est pourquoi ma sœur me ressemble tant. Profitez donc de notre village, si vous avez d’autres questions, vous pourrez encore me voir. -Merci infiniment Madame, la salua Kolio. -Au plaisir, jeunes gens.
Nous ressortîmes et je remarquai qu’il faisait encore jour alors que nous avions passé une bonne partie de la journée. Il devait faire ne serait-ce qu’un peu sombre. -Sylvania, tu étais au courant pour cette histoire d’Elus ? -Seule notre matriarche est au courant des évènements graves qui concernent le monde. Nous ne sommes que là pour la protéger. -Que se passerait-il si elle venait à être tuée ? -Notre peuple ne serait plus protégé par la Nature tant qu’aucune de nous ne puisse la remplacer. Malheureusement, ce n’est pas du tout évident et il faut des années d’expérience pour pouvoir entendre la Nature comme notre Matriarche. -Quel âge a-t-elle ? demanda Emal. -Notre matriarche a plus de quatre siècles… -Quatre siècles ? répéta Kolio soucieux. -Nous ne sommes pas comme vous les humains. Nous ne pouvons pas mourir de vieillesse, c’est pourquoi nous nous ressemblons toutes. Après un certain stade de notre évolution, nous ne subissons plus les effets du temps. -Comment pouvez-vous mourir alors ? l’interrogeai-je. -Nous ne pouvons mourir qu’au combat ou si nous mettons nous même fin à nos jours. C’est un don que nous avons reçu et c’est pour ne pas le gâcher que nous ne quittons que très rarement la forêt. -Je peux encore te poser une question Sylvania ? -Bien sûr Mina, vas-y. -Pourquoi le Soleil ne s’est-il pas encore couché ?
Mes amis regardèrent vers le ciel et comprirent enfin qu’il devait faire nuit à cette heure ci. -C’est encore un cadeau de la Nature qui nous a été offert. Notre village ne suit pas les règles de votre monde, c’est pourquoi ici il fait jour toute la journée. D’ailleurs nous ne dormons jamais. -Fascinant, s’exclama Kolio. Votre monde est si différent du notre, je comprends votre envie de le protéger à tout prix. -C’est surtout vital.
Je n’aurais jamais imaginé qu'un tel peuple puisse exister. Le monde que je connaissais était si différent et semblait bien plus archaïque que celui que j’explorais. Je commençai à être fatiguée et Sylvania proposa de nous héberger pour la nuit tout en s’excusant pour le peu de mobilier qu’elle possédait. Après tout nous ne pouvions que l’excuser, elle n’avait pas l’habitude de recevoir des étrangers chez elle. Elle habitait à quelques pas de la Matriarche, sans doute pour être prête à intervenir en cas de danger.
La maison de Sylvania n’était pas très grande et nous avions du mal à tenir tous les quatre dans le séjour. Pourtant celui-ci ne comprenait qu’un divan plaqué sur le mur et une table basse au cœur de la pièce. Il y avait également une petite cuisine dans la pièce d’à côté, mais encore une fois, il nous était impossible d’être tous les trois dedans. Malgré l’étroitesse de la maison, celle-ci dégageait une chaleur très agréable. Les Vakines se contentaient du minimum et ne cherchaient pas à impressionner leurs amies.
-Bien, j’espère que vous vous plairez ici, je ne vais pas vous importunez plus longtemps. Essayez de vous reposer. -Merci Sylvania. Bonne soirée à toi aussi. Sylvania sortit de chez elle et nous l’entendîmes se diriger vers la maison de la matriarche. -Vous croyez à cette histoire d’Elus ? demandai-je aux autres. -Tout ce que je crois, c’est que tout ceci ne peut pas être une coïncidence. Nous avons tous les deux un bijou et que nous ne sommes pas de ce monde. Ca fait beaucoup de point communs. -C’est vrai, mais pourquoi nous et pas quelqu’un d’autre ? -Nous sommes les Elus… -Ne racontes pas n’importe quoi Emal, l’interrompit Kolio. Je crois en la magie et en leur peuple, mais il ne faut pas aller trop loin non plus dans des délires. -Et si nous cherchions les cinq autres bijoux ? suggérai-je. -Nous n’avons même pas la moindre idée d’où ils peuvent se trouver Mina. Retournons plutôt à Karad, les scientifiques du BAT auront peut-être une idée dessus. -Pour une fois, je suis d’accord avec Kolio. Nous sommes dans une impasse actuellement et nous ne savons toujours pas comment nous sortir de cette situation. -La nuit porte conseil non ? Reposons-nous et cherchons une autre solution demain. -En plus je suis épuisée, avouai-je. Je ne pensais vraiment pas que partir à l’aventure était aussi fatiguant. Kolio s’esclaffa et nous nous endormîmes sereinement en repensant à tout ce que nous avait appris la matriarche.
Je me réveillai, sans mes compagnons à mes côtés. Je n’arrivai pas à savoir quelle heure il pouvait bien être avec le Soleil qui se trouvait toujours à son zénith. Je sortis et entendis des enfants hurler non loin de là. Je décidai de les rejoindre pour voir un peu comment se passait la vie quotidienne ici. Les Vakines ne me craignaient presque plus et n’hésitaient pas à venir me parler. De nombreuses Communicantes me montrèrent des sorts qu’elles pouvaient exercer. L’une d’elles transforma par exemple une fleur en un magnifique papillon, une autre créa un nuage de pluie au-dessus d’un jeune arbre et enfin une dernière invoqua un léger tourbillon me faisant ainsi valser dans les airs. Je me plaisais vraiment ici, c’était un endroit féérique.
J’arrivai devant l’école et vis Kolio et Emal. Les cris des enfants étaient dus à leur curiosité à leur égard. Les garçons jouaient avec eux et leur racontèrent différentes histoires du monde humain. Même leur institutrice ne s’inquiétait pas pour les petites. Les Vakines avaient compris que nous ne leur voulions pas de mal probablement grâce à l’entretien que nous avions passé avec leur matriarche.
-Enfin réveillée, s’exclama Emal. Il est presque midi, tu es une vraie marmotte ma parole. -Comment le sais-tu ? Le Soleil n’a pas changé de place depuis hier soir. -Sylvania nous a fait sortir d’ici pour que nous ne perdions pas nos repaires temporels. -Je conçois parfaitement que vous autres humains ayez besoin de ces repères, précisa Sylvania qui apparut derrière moi sans que je ne m’en rende compte. -Quand es-tu arrivé ? -Il y a quelques secondes. Je ne voulais pas t’effrayer Mina. -Je suis juste étonnée par cette discrétion. -Pourquoi es-tu là ? demanda Kolio. -Notre Mère voulait vous voir dans la journée. -Tu sais pourquoi ? -Elle a eu vent de vos interrogations de la nuit. -Y a-t-il une quelconque possibilité pour que vous ne sachiez pas ce à quoi l’on pense ? plaisanta Emal. -Pas tant que vous resterez dans ce village.
Nous nous dirigeâmes donc chez la Matriarche en compagnie de Sylvania. Je comprenais parfaitement qu’elle nous accompagne puisque la mort de leur matriarche entrainerait des conséquences affreuses pour leur village. Elle fut une nouvelle fois souriante et nous accueillit les bras ouverts.
-Mes amis, j’espère vraiment que vous vous plaisez dans ce village. -Je n’imaginais pas une seconde qu’un tel endroit puisse exister. -Vous vouliez nous parlez Madame ? nous interrompit Emal. -Effectivement, je commence à perdre la tête. J’ai eu vent que vous souhaitiez rentrer à Karad pour trouver des réponses plus exactes au sujet de la prophétie et des bijoux. -C’est exact, confirma Kolio. Nous avions pour but de rechercher les autres bijoux, mais nous ne savons absolument pas où ils peuvent se trouver. Nous avons dans l’espoir que notre bureau technologique puisse nous aider. -Je pense que c’est une bonne idée, mais j’en ai une meilleure à vous proposer. Sylvania, tu peux nous laisser s’il te plaît. -Mais Madame… -Ne discute pas s’il te plaît. Tu sais très bien que ces jeunes gens sont dignes de confiance. -Je ne peux pas …Attendez, vous n’allez tout de même pas … -Sylvania, ne me pousse pas à bout.
La Matriarche se redressa et une terrible pression s’abattit sur nous en l’espace de quelques secondes. Sylvania se mit à genoux et s’excusa avant de quitter la salle. -Veuillez m’excuser, je ne voulais pas en arriver là. -Pourquoi ne voulez-vous pas que Sylvania assiste à la suite de cet entretien ? lui demanda Kolio. -Elle ne comprendrait pas ce que je vais vous dire. -Que voulez-vous dire ? -Je sais où se trouve un autre bijou. -Vraiment ? s’exclama Emal. Pouvez-vous nous en dire plus. -Vous êtes ici pour ça n’est-ce pas ? Je t’en prie, tu peux entrer. Soudain, une jeune Vakine entra dans la salle et nous adressa un grand sourire pour nous saluer. |
Bonne lecture (en espérant que vous n'en ferez pas une indigestion )_________________  "La seule arme des enfants contre le monde, c'est l'imaginaire." Rêves, mon roman |
|  | | | | Ce qui me passe par la tête ... [Rêves_Chapitres 14 à 16] | |
|
| Page 4 sur 4 | Aller à la page : 1, 2, 3, 4 |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |